Oona et Salinger : que vaut le tube de la rentrée de Frédéric Beigbeder ?

Des filles clumsy mais oh so cute. Des asthmatiques, des écrivains, des party animals et des misanthropes. Le tube de la rentrée Oona & Salinger utilise les ingrédients habituels de l’écrivain, critique littéraire, présentateur télé et réalisateur français Frédéric Beigbeder.

Pour son retour dans les librairies, Beigbeder fait du Beigbeder, toujours fidèle à lui-même. Même s’il ne peut s’empêcher de ramener toute la couverture à lui comme dans Windows on the world, comme dans Un roman français, j’ai apprécié la lecture de son dernier ouvrage, Oona et Salinger. Je vous dis pourquoi ici !

OONA & SALINGER BEIGBEDER

Je n’avais lu aucun résumé ni aucune critique de Oona & Salinger avant de l’acheter. Pas besoin : se procurer le dernier Beigbeder, c’est comme un rituel pour moi. Il sort, je le lis dans la semaine. Un peu comme un Marvel : on s’y rend comme un pèlerinage, un peu par nostalgie.

Quelle saveur pour le Beigbeder nouveau ?

Les aventures amoureuses d’Oona n’ont pas la saveur des exploits d’Octave ou de Marc Marronnier. Le Beigbeder nouveau est plus mûr, plus profond, il sent la sagesse.

L’auteur presque quinquagénaire s’autorise enfin le bonheur, finies les postures de poète maudit, qu’ils offrent donc à son personnage Salinger. L’auteur de 99 francs ne s’en cache plus : il est amoureux de sa femme ! Et c’est fort logiquement que les pages dédiées à sa nouvelle compagne Lara se comptent sur les doigts d’une main : le bonheur n’intéresse personne.

Pour Beigbeder, ce livre est un exercice, une faction comme il l’explique dans les premières pages : entre fiction et factuel, on ne peut pas savoir ce qu’il s’est réellement passé entre les protagonistes de Oona & Salinger.

Un marketing malin… avec un poil de retard ?

Ses détracteurs lui reprocheront ses défauts habituels : trop de marketing pour ce livre qui a pour toile de fond la Seconde Guerre Mondiale à l’heure où Paris célèbre les 70 ans de sa Libération ?

Replonger dans le passé pour profiter de l’engouement universel pour la nostalgie ? Mais si… Mad Men qui interroge notre héritage des années 60, Woody Allen qui fait revivre la Lost Generation dans “Midnight in Paris”, Luhrmann qui ouvre Cannes 2013 avec son Great Gatsby, nous passons notre temps à regarder dans le rétroviseur ces derniers temps, et Beigbeder l’a bien compris.

A quoi bon inventer de nouveaux personnages et un cadre qui risquent de déplaire alors qu’avec Oona, Salinger, Chaplin dans le New-York, Paris et Los Angeles des années 40, il est sûr de faire carton plein ? Trop risqué pour le produit culturel de la rentrée…

Beigbeder aura mis 4 ans à pondre ce livre. Peut-on vraiment lui en vouloir de nous avoir fait attendre aussi longtemps alors qu’il est devenu éditeur de LUI et qu’il a adapté son roman L’amour dure trois ans au cinéma ? FB déciderait-il de devenir rare, tout comme Salinger qu’il admire ? Impossible, il aime beaucoup trop la lumière pour se cacher…

OONA ET SALINGER BEIGBEDER

L’histoire de Oona & Salinger : “lettres à mon ex” ?

Aimer la jeune Oona O’Neill aura-t-il aidé Jerome David Salinger à devenir le grand écrivain JD Salinger, auteur de l’Attrape-Coeurs ? C’est toute la faction développée par Beigbeder. Partir d’une relation qui ne dura que quelques mois et imaginer la correspondance entre Oona et le grand Salinger, de son départ à la guerre jusqu’à leur dernière lettre. Imaginer les temps forts et les temps morts de cette relation platonique.

Une héritière vénéneuse et magnétique, comment ne pas perdre la tête ? L’entrée en scène de Charlie Chaplin viendra briser tout espoir pour Salinger.

Beigbeder a toujours quelques belles formules pour nous faire voyager entre les clubs de jazz de New-York, le débarquement de Normandie et la bataille des Ardennes, je dois admettre que j’ai passé un bon moment en dévorant le dernier ego-trip de Beigbeder.

L’Amour, la séduction et la Mort sont toujours au coeur des réflexions de l’auteur, même si on peut sentir un changement notable dans cet opus. Evolution de l’écrivain technophobe ou mutation de l’industrie littéraire, le livre est ponctué de portraits, de photos et de vidéos Youtube que Beigbeder veut partager avec nous. (Ou alors il s’est rendu compte que son public lisait souvent Voici et avait besoin d’images ?)

Frédéric Beigbeder, contrairement à Bret Easton Ellis, a décidé de ne pas gaspiller son énergie en tweets (A quoi bon offrir gratuitement ses bons mots sur twitter quand on peut les compiler et les disséminer dans un livre payant ?).

He will be back. On prend les paris ? Son prochain livre sera truffé d’hyperliens, nous permettant d’écouter une chanson par chapitre pour nous plonger encore plus dans la tête de ce noctambule repenti…

Bon, maintenant que j’ai fait mes devoirs, vous me conseillez quoi pour la rentrée littéraire ?

Bisous et bonne lecture !

PS : jour 13 du défi #5ELIM, tout se passe bien. Je tiens actuellement un journal sur l’évolution de ce défi motivation !

Sélim

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