contacter un éditeur

Que faisiez-vous le 09 mars 2020 ?

Il y a tout pile un an, j’étais chez moi, et j’avais déjà un bon stock de masques.

J’ai la chance d’avoir une femme hypocondriaque, donc ça faisait déjà quinze jours qu’on avait anticipé le confinement.

Je ne fais pas partie de ceux qui se sont rués sur les « denrées rares » : papier toilettes, pâtes, riz et farine. J’avais la chance d’habiter au-dessus du Carrefour Bio de la rue de Paradis.

Le propriétaire m’avait dit de ne pas m’inquiéter, qu’il serait toujours livré, et qu’il n’y aurait aucune rupture dans les approvisionnements.

Ce jour-là, le Figaro se demandait si on allait « finir cloîtré à la maison en jouant au 8 américain » (spoiler alert : la réponse est oui, le premier confinement ayant démarré le 17 mars 2020).

Pour ma part, j’envoyais un email pour contacter un éditeur. C’était un peu ma bouteille à la mer du jour. Son titre ?

“Proposition de livre sur le copywriting.”

Je ne suis pas devin, mais je sentais que l’année 2020 allait être une année pas comme les autres.
Et je ne dis pas ça parce que ma femme a accouché de notre merveilleuse petite fille le 9 juin.

Je me suis dit que 2020 allait être une sorte de retour en arrière, et que j’allais être enfermé dans ma chambre, alors autant mettre ce temps à profit pour écrire un livre sur le copywriting !

Être enfermé ?

Je ne suis ni sous-marinier, ni Thomas Pesquet, mais j’ai eu la chance de vivre deux ans en internat, pour mes classes préparatoires.

Deux ans enfermé, sans vie sociale, sans café, sans bar, sans club, avec une vie culturelle relativement pauvre comparée à celle qui serait les miennes des années plus tard et que j’ai pu partager dans ces colonnes.

Mais bon, j’avais 17 ans à l’entrée en prépa, donc vivre en internat avec les copains, et passer la journée à étudier, je l’ai bien vécu et j’en garde un excellent souvenir.

Notre activité principale pour préparer l’entrée dans les grandes écoles de commerce ? Lire des livres, ficher ces livres, et sourire lors des humiliations hebdomadaires en khôlles.

Le bon vieux temps !

Un email pour changer le cours de l’année ?

Ce 9 mars 2020, j’étais probablement en train de travailler sur mon nouveau site de conseils en copywriting,

J’avais déjà mis en ligne les premières vidéos sur la chaîne Youtube Les Mots Magiques, et je venais de terminer ma mission pour un client (réécriture de site internet).

En me retournant sur ma bibliothèque, je me suis dit « Tu sais quoi ? Ça fait dix ans que tu écris des pages de vente et des mails de vente… Ce serait une bonne manière de te débarrasser de ton syndrome de l’imposteur, d’écrire un livre, non ? »

Challenge accepted !

Ecrire un livre, c’est ce qui permet de se donner un but quand les temps sont incertains.

C’est l’équivalent d’une préparation pour un marathon. Ça donne un objectif quotidien.

Un livre, ça se planifie à long terme, contrairement à un blog ou un compte Instagram ou on peut « avoir l’inspiration », être motivé pendant 3-4 heures et sortir un très bon article.

Ecrire un livre demande du temps, de l’organisation, et quelque part, la foi, je crois.

Parmi les confrères copywriters, nombreux sont ceux qui m’ont dit : « Mais le retour est si incertain… et si lointain… et tu n’es même pas sûr de trouver un éditeur ! »

Les deux premières questions sont légitimes : on ne sait jamais si un livre va se vendre. On ne sait jamais si un livre va décoller immédiatement, sur 6 mois un an, ou pas du tout.

En revanche, s’il y a une chose que je DOIS savoir faire, c’est savoir me vendre à un éditeur.

Un copywriter qui ne sait pas se vendre, c’est pire qu’un cordonnier mal chaussé.

Comment contacter un éditeur ? Avec un mail à froid, évidemment !

Vive les cold mails ! Ces mails écrits sans connaître l’interlocuteur : c’est de la vente pure.

Quand vous envoyez un mail à froid, un cold mail, vous devez répondre à la question que se pose l’éditeur :

Ce livre va-t-il se vendre ? (Et j’écris bien « se vendre », voie passive, et non pas « vais-je être capable de vendre ce livre ? »)

En un mail, vous devez rassurer l’éditeur sur :

  • Votre capacité à toucher et vendre à une base qualifiée.
  • Votre capacité à écrire un livre cohérent, attendu par le marché, sur une matière dont vous comprenez les enjeux.
  • Votre capacité à être agréable (par mail, par téléphone : ça aide quand votre éditeur vous apprécie).
  • Votre capacité à comprendre les enjeux du monde de l’édition (le calendrier, de l’écriture du livre à la relecture en passant par les dernières corrections, et la conception de la couverture).
  • Votre capacité à communiquer avec les médias (radio, télé, podcast, journaux et magazines…).

En clair : le cold mail que vous envoyez à un éditeur est une page de vente, ni plus ni moins.

Les éditeurs ont l’habitude de recevoir des dizaines de projets par jour et de juger très rapidement de la pertinence de ces projets. C’est cette décision éclair qui décide d’un Goncourt comme L’anomalie ou d’un best seller.

Voici mes 3 conseils à appliquer avant de contacter un éditeur.

3 conseils avant de contacter un éditeur

1/ Travaillez votre crédibilité : je ne vais pas contacter un éditeur pour lui proposer un livre sur les chats ou la nutrition. Je n’ai aucune légitimité dans ces domaines. Avant de contacter un éditeur, essayez de bâtir une petite communauté sur le sujet sur lequel vous voulez écrire. Sur un site, sur Instagram, twitter, twitch, Snapchat, Linkedin sur un forum… peu importe !

2/ Analysez le catalogue de la maison d’édition : pour un guide sur le copywriting, je ne vais pas contacter Gallimard, Flammarion ou Grasset. Dans le cas précis d’un livre sur le copywriting, j’avais quelques maisons d’édition business en tête. Celles qui éditent les « guides pratiques », les manuels très how to : Eyrolles évidemment, Alisio mon éditeur précédent, Dunod aussi, Maxima, Diateino…

3/ Trouvez des indicateurs sociaux qui prouvent que le marché attend votre livre.

Dans le cas précis de mon livre sur le copywriting, les indicateurs me paraissaient être au vert :

  • De plus en plus de freelances (gig economy),
  • Les chiffres du e-commerce qui explosent,
  • De plus en plus de publicités de mes « concurrents » pour vendre des formations copywriting,
  • Et une crise économique qui va conduire de nombreux salariés à se reconvertir.

J’avais fait l’analyse de marché. J’étais prêt.

J’ai donc envoyé ce mail qui s’appelait « Livre sur le copywriting ».

Comment a-t-il été reçu ?

Réponse demain, ici, sur ce blog !

Published by Sélim Niederhoffer

J'écris des livres, des mails de vente, des pages de vente, des campagnes de pub aussi : je suis Sélim Niederhoffer, copywriter et coach en copywriting. Si vous me cherchez, je suis probablement en train de lire devant la cheminée avec des bretzels. J'écris beaucoup en ligne, pour forbes.fr, glassdoor.fr, les-mots-magiques.com, et j'ai aussi été publié en papier chez Technikart et Playboy. Hobbies : faire du paddle, courir, et mettre du parfum même quand je suis tout seul chez moi. Mon dernier livre, Le Guide du Copywriting, est paru aux Editions Eyrolles.

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