le Goncourt 2020 Anomalie Le Tellier

J’ai lu L’anomalie, le Goncourt 2020 de Le Tellier… et c’était trop bien !

Ne lisez pas cet article si vous ne voulez ABSOLUMENT aucune révélation sur l’Anomalie.
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Pour donner mon avis sur le Goncourt 2020 de Le Tellier, je suis obligé de parler un peu de l’intrigue, que je révèle ici.

Si vous ne voulez rien comprendre du tout, le pitch obscur utilisé sur le site de Gallimard ou le site d’Amazon pourrait vous convenir :

“Il est une chose admirable qui surpasse toujours la connaissance, l’intelligence, et même le génie, c’est l’incompréhension.” En juin 2021, un événement insensé bouleverse les vies de centaines d’hommes et de femmes, tous passagers d’un vol Paris-New York. Parmi eux : Blake, père de famille respectable et néanmoins tueur à gages ; Slimboy, pop star nigériane, las de vivre dans le mensonge ; Joanna, redoutable avocate rattrapée par ses failles ; ou encore Victor Miesel, écrivain confidentiel soudain devenu culte. Tous croyaient avoir une vie secrète. Nul n’imaginait à quel point c’était vrai. Roman virtuose où la logique rencontre le magique, L’anomalie explore cette part de nous-mêmes qui nous échappe.”

Si vous voulez lire la suite, cliquez sur le bouton LIRE PLUS ! Promis je ne spoile pas trop.

Spoiler alert : j’ai dévoré le Goncourt 2020 qui m’a attrapé dès le pitch. Oui, ce pitch nul.

Parce que qui dit avion dit Lost et Fringe, deux séries géniales.

L’anomalie, c’est un avion d’Air France qui demande à atterrir en juin 2021 à New York. Juste que là, rien d’anormal, me direz-vous.

Sauf que… cet avion a décollé en mars de Paris.
Et s’est DEJA posé, en mars, comme prévu.

La tour de contrôle a un léger souci avec cet avion, son commandant de bord et ses passagers : ce sont exactement le même avion, le même commandant de bord, et les mêmes passagers que le vol de mars.

Oh sorcellerie ! Oh voyage dans le temps ! Oh trou de ver et physique quantique ! Je vous donne les 3 raisons d’investir 20€ dans le Goncourt 2020, l’Anomalie de Hervé Le Tellier.

Raison 1 : La construction du livre, 3 tiers inégaux en intensité

Entre deux vannes sur Trump et Macron, ce roman inscrit dans l’époque (le Tellier nous parle du confinement de 2020, le premier).

Le premier tiers du livre est consacré à présenter les personnages.

Comme dans de nombreux bons romans actuels, un écrivain figure parmi les personnages.

C’est l’occasion pour lui d’écrire un livre qui s’appelle… L’anomalie. La mise en abyme marche bien, c’est un personnage que j’ai aimé suivre.

Le vieux couple, le chanteur nigérian gay, l’avocate, la mère de famille épuisée avec ses deux enfants, le scientifique gauche… et le tueur à gages, Blake. Le livre démarre fort, sur Blake.

Chaque chapitre, à la manière de la saga A song of Ice and Fire, présente le point de vue d’un nouveau personnage.

L’intrigue avance peu lors du premier tiers, jusqu’à la présentation du commandant de bord, et du « vrai » démarrage du livre : après avoir affronté une tempête de grêle d’une rare intensité et des turbulences inédites, quel est cet avion qui se pose ?

Qui sont ses passagers ? Des copies ? Des doubles créés en 3D par une intelligence extraterrestre ? Des créations de Dieu ? Des créatures du diable ?

Raison 2 : 2 rebondissements fous que je ne vais pas gâcher

Parmi les temps forts du livre (on en parle quand vous l’aurez lu, dans les commentaires ou sur Instagram), je me suis fait cueillir deux fois en beauté. Par deux fois, je ne m’y attendais pas.

La première fois, c’est le moment où celui qui est Président des Etats-Unis appelle le Président chinois pour lui annoncer la nouvelle.

« On a un souci, on a des ressortissants chinois, des citoyens à vous… mais vous les avez déjà aussi dans votre pays. On a des doubles, des copies, mais ils sont identiques en tout point à ceux qui se sont bien posés en mars. On fait quoi ? »

Le moment où le président chinois raccroche est fabuleux. J’étais vraiment heureux de lire ce livre à ce moment-là.

Bien sûr, il y a de l’humour parfois, et un peu de suspense. Il y a aussi de vraies questions métaphysiques : et si nous n’étions que des programmes ? Un peu comme dans Matrix, mentionné dans le Goncourt 2020 par Le Tellier.

Le deuxième moment où je me suis dit « Ah ouuuuuuuuais… il est bon cet auteur ! » ? Il s’agit des deux dernières pages. A aucun moment on ne pouvait le voir venir.

La fin est splendide. Et donne envie de voir le livre adapté au cinéma !

Le déjà vu n’empêche pas d’aimer les situations

Le voyage dans le temps, le clonage ? Rien de nouveau, si vous avez vu les Visiteurs, Hibernatus, vous connaissez les voyageurs qui viennent du passé.

Si vous avez vu Terminator et Retour vers le Futur, vous avez l’habitude des voyageurs qui viennent du futur.

Si vous avez regardé The Leftovers, où une partie de la population disparaît sans explication, vous comprenez : ici, c’est l’inverse.

Certains destins basculent en 3 mois et les versions « mars » et « juin » des personnages sont différentes.

Certains mars vont affronter leurs juin, d’autres vont collaborer. D’autres ne connaîtront pas leur double.

Il y a du Gemini Man dans cette Anomalie, du Looper, et de l’extraordinaire.

Il y a une très belle histoire, qui vous embarquera ce week-end ou lors de vos vacances de Noël.

Le Goncourt 2020, L’anomalie de Hervé le Tellier,
C’est 361 pages chez Gallimard,
à offrir ou à vous offrir !

A venir sur le blog :
A la ligne de Joseph Ponthus
Civilizations de Laurent Binet

Je me rends compte que je n’avais pas parlé du dernier Dicker, ni du dernier Hunger Games, quand je vois que le dernier roman partagé ici est L’homme qui pleure de rire de Beigbeder !

Sélim, fan de

Published by Sélim Niederhoffer

J'écris des livres, des mails de vente, des films, des campagnes de pub aussi. Si vous me cherchez, je suis probablement en train de lire devant la cheminée avec des bretzels. J'écris beaucoup en ligne (forbes.fr, glassdoor.fr, artdeseduire.com, les-mots-magiques.com), mais j'ai aussi été publié en papier chez Technikart et Playboy. Hobbies : faire du paddle, courir, et mettre du parfum même quand je suis tout seul chez moi.

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