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Psychologie Du Vainqueur : La Leçon De Sugar Ray Leonard

Je suis tombé par hasard sur un documentaire vraiment sympa sur L’équipe explore. C’est surtout le sous-titre : “Le vrai combat du siècle” qui m’a convaincu de regarder les 24 minutes de ce documentaire sur la boxe.

Probablement un peu biaisé puisque le narrateur principal est Sugar Ray Leonard lui-même, on n’a pas accès à la version de son adversaire, Marvin Hagler. Mais si vous aimez la victoire plus que tout, les 5 leçons psychologiques de Leonard pour battre Hagler sont géniales. Une question de motivation, mais pas que !

Vous pouvez regarder le documentaire ci-dessous, ou directement aller aux conclusions des leçons de motivation et de stratégie de Sugar Ray Leonard !


Explore Vidéo Sugar Ray par lequipeexplore

Retiré des rings depuis 3 ans, le champion Sugar Ray Leonard tient un restaurant au moment où il voit Hagler perdre l’oeil du tigre. Il le sent plus “civilisé” : la mort pour un boxeur qui a perdu l’oeil du tigre. Assis à coté de Michael J Fox lorsqu’il regarde ce combat, il décide alors de remonter sur le ring pour briser l’hégémonie de Hagler.

Retour à l’entraînement pour Sugar Ray Leonard, l’enfant terrible qui faisait désormais davantage les gros titres pour ses frasques nocturnes, entre drogue et alcool, que pour ses performances sportives.

Respecter son adversaire (au moins en apparence)

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Je ne peux que vous inciter à lire ou relire les 48 Lois du Pouvoir de Robert Greene, un classique pour qui s’intéresse un peu aux relations sociales, à la communication et au pouvoir. (Présent dans la liste des 10 livres qui ont changé ma vie)

La première des lois énoncées est de ne pas faire de l’ombre au maître. Peu avant le combat, Hagler est champion du monde. Une machine à cogner, un monstre physique qui fait 6 kilos de plus que Sugar Ray Leonard. Dans toutes ses déclarations, Leonard prend soin de ne pas énerver son adversaire, chantant ses louanges. Une règle à respecter : ne surtout pas énerver son adversaire. Ne pas lui donner de raison de vous démolir.

C’est typiquement l’inverse de l’ambiance médiatique tendue lors des “clasico” entre le PSG et l’OM : “la guerre”, “leur marcher dessus”, “découper du Parisien”. (le best-of des citations OM-PSG à lire ici)

Obtenir les confessions de son adversaire

A la suite du combat où Sugar Ray voit Hagler sur la pente descendante, le champion en titre vient dîner dans le restaurant du natif du Maryland. Quelle mauvaise idée. A la baguette, maître Leonard. Plus le vin coule, plus les confessions se déroulent : Hagler se livre complètement à son futur adversaire et avoue ne plus avoir la motivation pour aller à l’entraînement. Ca ne va pas tomber dans l’oreille d’un sourd. La machination de SRL commence à se mettre en marche… In vino veritas : gare à la casse !

Outre les confessions directes faites par Hagler, Sugar Ray Leonard avoue avoir eu un espion dans le camp de son adversaire. C’est là où le noble art est toujours décevant, où il flirte avec la criminalité, mais c’est le jeu. SRL se donne les moyens de réussir en rassemblant le maximum d’informations sur son adversaire. Du banal espionnage industriel, quand la fin justifie les moyens…

S’entraîner plus dur que l’autre

De retour à la salle, l’évidence est frappante : Sugar Ray Leonard n’est plus un grand champion, il a perdu de sa superbe et décide de mettre les bouchées doubles pour revenir au niveau professionnel.

Outre les entraînements techniques, il se fait cogner dessus par des sparring partners professionnels, au-dessus de sa catégorie. Là où il tentera de les toucher avec des gants légers d’entraînement, eux auront pour consigne d’enfiler de vrais gants, plus lourds, pour qu’il se réhabitue à la sensation des vrais coups.

Prêt à tout pour gagner le combat, malgré son décollement de la rétine pour lequel il se fait opérer. Malgré le coup puissant qui le fait vaciller à l’entraînement 5 jours avant le grand combat face à Hagler. “How bad do you want it ?”

Les témoignages des grands champions vont tous dans ce sens-là : toujours plus à l’entraînement. Toujours une session de coups francs après l’entraînement officiel. Toujours quelques longueurs en plus dans le bassin.

Flirter avec les limites

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Un voyou ? Un malfrat ? Un tricheur ? Le coup de l’espion, c’était déjà moyen mais bon, même l’Equipe de France en 1998 savait le jour de la finale que Ronaldo avait des soucis gastriques et ne serait pas à son max… La guerre de l’information permet à SRL de savoir que Hagler veut le centre du ring, et s’en empare pour le mettre mal à l’aise, pour le déstabiliser psychologiquement.

Mais Sugar Ray fait pire en envoyant son bolo punch diabolique, qu’il reconnaît lui-même être “discutable”, limite sous la ceinture. Il a joué, il a gagné, tant mieux pour lui, mais un coup comme ça, c’est moche, et ça a le don d’agacer et de faire péter un plomb à Hagler. Objectif atteint pour Sugar Ray Leonard : son adversaire n’a pas 100% le maîtrise de lui-même, il évolue dans un cadre fixé par son adversaire au cours des premiers rounds, avant de reprendre ses esprits et de se mettre à cogner dur.

Un tel coup, c’est puéril, mais ça déstabilise. Un peu comme le service à la cuillère de Michael Chang face à Ivan Lendl en 1/8e de finale de Roland Garros en 1989. L’adversaire perd le fil du match et sa concentration.

Un peu comme un petit pont à l’Urban. Tu pètes un câble, tu ne joues plus ton jeu, tu ne penses qu’à sécher ton bourreau…

Devenir un maître de l’illusion

Les deux stratégies sublimes de Sugar Ray Leonard ont payé. Si l’une est simplement de la poudre aux yeux, l’autre a peut-être fait basculer le match et le comptage final.

La première feinte pour inspirer la crainte ou le respect à son adversaire, c’est de se pointer en conférence de presse avec une veste rembourrée au niveau des épaules, pour paraître plus massif et montrer à Hagler que niveau carrure, il s’est bien épaissi, qu’ils sont du même calibre. Quoi qu’on en dise, la taille est importante, il y a toujours un instinct animal en jeu…

La deuxième feinte est redoutable. Le fameux “shoeshine”, le cirage de pompes en direction des arbitres et du public. Peu importe la tournure des rounds, lors des 30 dernières secondes de chaque round, Sugar Ray Leonard se déchaîne et envoie une pluie de coups sur son adversaire. Si la première impression compte, là, c’est la dernière, c’est la persistance rétinienne qui compte : pendant le temps de repos, les trois membres du jury se souviennent de ce qu’ils viennent de voir, et le public reste sur cette impression positive.

L’introduction du court documentaire est géniale. Celui qui en veut le plus. Celui qui désire le plus la victoire. Les grands champions détestent la défaite plus que tout au monde. “How bad do you want it ?”, à utiliser au quotidien quand il fait froid et qu’on n’a pas envie de courir !

A la recherche de citations pour bien terminer cet article sur Sugar Ray Leonard, j’ai été étonné de le voir si philosophe, si froid. Avec “discipline et motivation”, les termes “ice” et “icy” ressortent souvent. Un champion au sang-froid… Le combat de l’année 1987 sera finalement remporté par celui qui avait su user de toutes les armes psychologiques pour saper les efforts de son adversaire.

“J’ai vraiment connu l’enfer. Mais le ring était ma lumière. C’est le seul endroit où je me sentais en sécurité. Je contrôlais ce qui se passait sur le ring. Mon coeur devenait un bloc de glace.”

Sélim, motivé pour un chrono à 44min…

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