La dame de Shanghai

Je sais, ça peut paraître facile. Ecouter les filles plutôt que de parler en permanence. Et pourtant, pour moi c’est logique. Elles sont une mine d’or.

Aujourd’hui, je laisse le clavier à Mélanie qui a pris sa mission de femme fatale très à cœur.

“Ceci est le récit d’une aventure qui remet en cause les codes des rapports entre les sexes et même des rapports sexuels. Mais c’est aussi une histoire qui peut donner de mauvaises idées à tous ces hommes qui sont en pleine élaboration de leur piège à filles.

Tout commence dans un bar huppé de Shanghai. Je suis accompagnée de ma conquête du moment lorsque soudain mes yeux se posent sur un beau spécimen : brun, barbu, blaser bleu, chemise blanche cintrée et jean serré. Il s’approche de nous et nous demande si nous sommes français, je réponds que moi je le suis. S’en suit une discussion sur nos vies respectives, il a 27 ans et il est le nouveau directeur de l’endroit, puis il me dit qu’il faut absolument que l’on se revoie, qu’il vient d’arriver et qu’il aimerait découvrir la ville à mes côtés. Comment dire non à un homme si séduisant ? Echange de numéros, d’emails, etc. Puis il m’envoie un baiser de la main pour me dire au revoir.

Sous le charme, je prends l’initiative de le relancer, mais nos emplois du temps ne concordant pas, je ne le revois pour la deuxième fois que dans son bar. Il continue de me séduire avec habileté et cette fois-ci, pour me dire au revoir, un baise-main… Cela déclenche ma sonnette d’alarme, il est trop gentil, trop beau, trop expressif, et il a trop envie de me voir ; il y a donc quelque chose de louche. Un « vrai » garçon vous fait courir et se fait désirer, il vous fait croire que vous n’êtes pas si importante, et là c’est tout le contraire ! Mais de nature curieuse je veux savoir où est l’entourloupe car il y en a forcément une… Vient enfin notre premier « date », tout est parfait jusqu’à ce qu’il m’annonce qu’en réalité il est gay… Ah voilà j’avais bien raison ! C’était trop beau pour être vrai !

Je renonce donc à toute tentative de le séduire devant un tel obstacle.

Deux semaines s’écoulent sans que l’on se donne trop de nouvelles et au cours d’une soirée je me retrouve à nouveau dans son bar. Il a l’air très (trop?) content de me voir à tel point qu’il me “smacke” ; pensant qu’il s’agit d’une habitude de gay je n’y accorde pas trop d’importance ; puis, on se recroise et là il m’embrasse sans détour et me dit « Attention ! Ça pourrait me plaire ça ! » Là ce n’est plus la sonnette d’alarme qui retentit mais l’appel de la tentation et du défi : serait-il possible qu’il soit réellement attiré par moi ? Si c’est le cas je réalise l’exploit du siècle : faire douter et céder un homme qui aime les hommes. Il m’invite à une after chez lui, j’y cours, curiosité et goût du défi obligent. Quelques instants après mon arrivée il m’emmène dans sa chambre et me dit droit dans les yeux : « Ecoute je t’aime beaucoup, et je ne sais pas trop comment te dire ça et je n’ai pas envie que tu te sentes utilisée mais est-ce que tu voudrais bien me redépuceler des filles car j’ai envie d’arracher tous tes vêtements… » Cela faisait sept ans qu’il n’avait pas touché une fille… Comment résister ? L’occasion est trop belle ! Gloire, louanges et reconnaissance de tous à la clef, impossible de dire non…

La tâche ne fut pas aisée, il s’agissait avant tout de le mettre à l’aise et de mener le rapport jusqu’au bout. Nous avons pris notre temps, nous nous sommes apprivoisés comme deux jeunes adolescents de quinze ans qui couchent ensemble pour la première fois, et le résultat fut assez surprenant… Mais point de câlins post-sexe ni de confidences sur l’oreiller, c’est la gêne qui a pris le dessus, enfin surtout de son côté ; moi, mon ego jubilait, j’étais devenue une « femme fatale » prête à séduire n’importe quel individu. Je finis par redescendre de mon nuage et lui demandai si tout allait bien, il me répondit que oui, ça allait, que c’était super mais qu’il pensait qu’il était vraiment gay. L’effet que cela m’a fait ? Rien, c’était évident. J’ai beau avoir de l’assurance, je ne me crois pas capable de bouleverser un homme à tel point que du jour au lendemain il redevienne hétéro…

Analysons un peu la chose… Imaginez l’arme de séduction ultime : se faire passer pour gay pour mieux attirer une fille dans son lit ! C’est machiavélique, tordu et manipulateur ; mais ça marche à tous les coups car quoi de plus flatteur que d’arriver à faire céder un homme qui n’est pas censé être attiré sexuellement par vous ? D’ailleurs, ne dit-on pas que le plus beau compliment qu’une femme puisse recevoir est lorsqu’un gay lui dit qu’elle est belle car c’est totalement désintéressé ? Mais pas tant que ça finalement ! Alors c’est une certitude maintenant, les hommes, peu importe leur orientation sexuelle, ont plus d’un tour dans leur sac. Mais attention car un vrai piège a filles est un piège solide qui dure et qui lui fait tourner la tête, pas un piège visant à satisfaire l’envie d’une nuit. Se faire passer pour gay c’est une technique de séduction certes, mais pas de séduction durable ; et dans une ère comme la nôtre où tout le monde ment et se ment pour arriver à ses fins, il vaut mieux toujours jouer la carte de la sincérité pour sortir son épingle du jeu”.

L’analyse du coach : piège vieux comme le monde, il peut être utilisé “pour rire” en début de conversation, mais je déconseille de l’utiliser pour attirer durablement la fille que vous avez en vue. Efficace mais machiavélique, à vous de fixer votre ligne de conduite. La stratégie du mec inaccessible, ça prend toujours. Elles adorent les défis…

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