Comprendre les hommes enfin de lewis howes

Comprendre Les Hommes Enfin ! de Lewis Howes

Parmi les livres de développement personnel qui vont compter au rayon masculin, il y a « Comprendre les Hommes enfin ! » de Lewis Howes.

Son titre anglais est bien plus frappant : « The Mask of Masculinity ». Ces masques que nous portons pour nous sentir viril. Ces masques sociaux qui empoisonnent nos relations avec les autres.

Si ce livre et cet article s’adressent principalement aux hommes, les femmes peuvent apprendre beaucoup sur la psychologie masculine en lisant Lewis Howes.

Cela fait presque deux ans que « Comprendre les hommes enfin ! » était sur ma pile de livre à lire. Je l’avais déjà acheté sur Amazon, en anglais.

Tout ce que je lisais aux US parlait de l’ouvrage de Lewis Howes : qu’il s’agisse du site Artofmanliness (un site sur la virilité non-toxique), de Tim Ferriss sur son blog ou du podcast The Art of Charm, tous ont rencontré le blogueur à succès, l’ex-athlète, le businessman Lewis Howes à l’occasion de la sortie de son livre sur ces mythes de la masculinité qui nous fragilisent plus qu’ils ne nous aident à nous construire.

Qui est Lewis Howes ?

lewis howes comprendre les hommes enfin

Un homme qui a mon âge, et cela a son importance dans la lecture du livre. Nous sommes de la même génération, nés en 1983, faisant face à des modèles masculins qui ne tiennent plus la route.

Lewis Howes n’a désormais plus honte de parler de son parcours. Il explique, toujours avec émotion, qu’il a subi un viol lorsqu’il était enfant.

Il raconte comment son grand frère est parti en prison pendant quelques années.

Il partage son rêve américain, lui qui se voyait athlète, grand joueur de football américain mais dû mettre un terme à sa carrière à cause de blessures (comme Kevin dans This is us, la série star de NBC).

Un homme américain, programmé pour gagner. Pour être un homme.
Un homme ne pleure pas.
Un homme ne se plaint pas.

Un joueur de football américain se relève toujours après un choc (regardez l’excellent « Concussion », ou « Seul contre tous » en VF, film avec Will Smith, sur le scandale des morts prématurées en NFL).

Lewis Howes avait tout pour être un Alpha male, un mâle dominant. Et il l’est toujours aujourd’hui, avec le succès de son podcast, The school of greatness.

Il l’est toujours, grâce au succès phénoménal de son premier livre, et n’en doutons pas, de « Comprendre les hommes enfin ! ».

Il fait aussi partie de l’équipe nationale de handball aux Etats-Unis. (en haut, au milieu sur la photo)

lewis howes handball

Mais il est désormais apaisé par rapport à la masculinité, la virilité. Il ne ressent plus le besoin de faire semblant, d’en faire trop, d’être quelqu’un qu’il n’est pas pour impressionner les autres.

Et c’est souvent un sentiment que je ressens, cette sensation d’en faire trop, comme pour masquer un manque, même si personne n’est dupe.

Une des nombreuses phrases qui m’a frappé : lorsqu’il explique qu’à la sortie de son premier livre, il s’est senti vide. Malgré le succès, malgré la joie de mener un projet à terme : le vide. Un vide abyssal que rien ne vient combler.

Ni l’argent, ni les belles voitures, ni les beaux hôtels dans lesquels il séjourne. Lui qui se sentait masculin lorsqu’il terrassait un adversaire sur le terrain, lorsqu’il réussissait l’exploit d’être édité et de publier un livre, il se sentait vide.

Et c’est un documentaire sur les masques que nous portons qui lui ouvre les yeux : il n’est pas heureux avec le rôle qu’il joue, avec le rôle qu’il s’est assigné pour affronter la vie.

Ainsi démarre la réflexion sur la masculinité toxique que nous livre Lewis Howes dans « The mask of masculinity ».

Que veut dire être un homme ? Comment doit se comporter un homme en 2018 ? Quelles sont les tentations néfastes auxquelles cèdent les hommes, quand ils veulent être accepté par ses amis ?

Au fil du livre, Lewis Howes nous dévoile 9 masques masculins que nous portons tous à un moment donné, principalement pour briller, pour ne pas être exclu, pour nous faire des amis, pour être accepté par les autres.

Vous comme moi, nous avons besoin des autres. Et moi peut-être encore plus que vous, mais c’est une autre histoire, liée à des déménagements à répétition quand j’étais plus jeune.

A chaque fois, je devais m’intégrer à nouveau, me faire de nouveaux amis, et j’ai progressivement porté divers masques.

Lewis Howes l’explique très bien : quand on doute de soi, quand on doute de sa valeur, quand on pense qu’on n’est pas digne d’être aimé, on porte généralement plusieurs masques.

Lewis Howes et les 9 masques de la masculinité

Sur la structure du livre, rien de surprenant : on dirait du Ryan Holiday (ami de Lewis Howes).

Le découpage par chapitre ressemble à du Robert Greene dans L’art de la Séduction, quand il dévoile les 9 profils du séducteur.

Et la filiation est logique, Ryan Holiday étant le fils spirituel de Robert Greene.

Au fil des pages, vous découvrirez donc 9 masques de la masculinité qui vous empêchent d’avoir des relations apaisées :

  • Le masque du dur à cuire
  • Le masque du sportif
  • Le masque du matérialiste
  • Le masque du tombeur
  • Le masque du bagarreur
  • Le masque du clown
  • Le masque du superman
  • Le masque du M. Je-sais-tout
  • Le masque du Mâle dominant

Certaines catégories sont proches, je pense au dur à cuire et au bagarreur, et à Superman et le Mâle Dominant, c’est assez similaire.

L’auteur aurait pu s’en sortir avec 7 masques de la masculinité, mais de petites distinctions conduisent l’addition à 9 masques.

Et quand je fais le compte, la note est salée : je me suis souvent caché derrière 5 ou 6 de ces masques.

Bien sûr, le masque du clown triste nous fait penser à Barney Stinson, à Chandler Bing… et à Robbin Williams, le plus drôle, au destin le plus tragique. On connaît tous un pote « marrant » qui souffre, au fond.

Deux masques en particulier ont retenu mon attention : celui du matérialiste et celui du tombeur, vraiment similaires dans leur démarche destructrice.

Deux masques qui conduisent à une course sans fin. « Jamais assez d’argent », « toujours plus de fille dans son lit ».

Pour les hommes qui se réfugient derrière ces masques pour paraître virils, pour être acceptés, pour ces hommes qui pensent que la réussite signifie accumuler les richesses matérielles ou les conquêtes, il n’y aura jamais de bonheur, jamais de paix intérieure.

Les chapitres sont courts, les exemples bien choisis, piochés parmi l’élite des amis de Lewis Howes.

Au chapitre du masque matérialiste, on retrouve le coach controversé Taï Lopez, qui fait étalage de ses richesses pour faire passer un message positif.

Et heureusement, on retrouve aussi le souriant et inspirant Tony Robbins, l’auteur de « Pouvoir Illimité » et du best-seller « L’argent : l’Art de le Maîtriser ». Même message, mais bien plus profond. (En photo avec Lewis Howes ci-dessous)

comprendre les hommes enfin Lewis Howes

Chaque chapitre (ou presque)comporte cette opposition, entre celui qui porte encore le masque, et celui qui l’a ôté et vit désormais de manière plus apaisé.

Pour le chapitre « le masque du tombeur », c’est bien évidemment Neil Strauss, l’auteur du best-seller mondial THE GAME qui est convoqué.

Geek chétif très cultivé, Neil Strauss était devenu l’un des meilleurs dragueurs au monde. Et comme tant d’autres avant lui et après lui, réfugié derrière son masque du tombeur, il enchaînait les conquêtes sans trouver le repos, sans réussir à établir une connexion émotionnelle réelle.

Quel que soit VOTRE problème vis-à-vis de votre virilité, vous trouverez des pistes de réflexion dans « Comprendre les hommes enfin » de Lewis Howes.

  • Si vous n’avez pas vraiment d’amis, et que vous n’osez pas vous confier, de peur de paraître faible,
  • Si vous pensez que la virilité passe uniquement par la taille des biceps ou du compte en banque, ou du nombre de femmes avec qui vous avez couché
  • Si vous pensez qu’être un homme, ça veut dire se battre avec tout le monde et crier plus fort que les autres

alors je ne peux que vous recommander d’investir trois à quatre heures avec le livre de Lewis Howes.

Pour la préface française, c’est Serge Hefez, le médiatique responsable de l’unité de thérapie familiale dans le service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière qui a été choisi pour ses bons mots.

Nous sommes fragiles. Nous nous parlons trop peu. Vous, moi. Même avec mes meilleurs amis, j’ai parfois du mal à exprimer mes doutes, mes soucis.

J’ai reconnu dans ce livre des amis bagarreurs, j’ai revécu des rites de passage ridicules que j’ai toujours soigneusement évités (boire à outrance pour « prouver qu’on est un homme »), j’ai vu les pièges dans lesquels je suis tombé moi-même pour me rassurer sur ma virilité.

Les hommes se battent plus, et se suicident plus, notamment parce que nous ne sommes pas aussi à l’aise que les femmes avec les mots.

Ne vous renfermez pas sur vous-même. Ne vous réfugiez pas derrière un masque qui vous empêche d’être vraiment heureux. Parlez. Nouez des liens réels avec vos amis. Consacrez-leur du temps.

Je vous souhaite une lecture éclairante, et apaisante, comme elle a pu l’être pour moi. Ce n’est pas pour autant que je vais m’assagir du jour au lendemain, mais savoir qu’on déraille, c’est déjà un premier pas pour revenir dans le droit chemin…

Un des mots clefs, que vous redécouvrirez sous un jour positif : la vulnérabilité. S’ouvrir aux autres n’est pas une faiblesse…

« Comprendre les hommes enfin ! 9 types d’homme décryptés pour des relations apaisées », de Lewis Howes
Aux Editions Leduc Pratique
247 pages, 19 euros

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *