Boire ou séduire…

Boire ou séduire, il faut choisir. Pour certains, les deux ne sont pas incompatibles. J’irai même jusqu’à dire que pour certains, boire est la condition nécessaire du succès auprès du genre féminin. Vous le savez, vous l’avez je l’espère au moins expérimenté une fois dans votre vie, l’alcool désinhibe. Il vous rend plus téméraire. Vous vous sentez plus confiant, plus beau (malgré les photos prises sur le moment, qui confirment toutes le contraire), plus drôle.

Elles donnent envie de se mettre à boire !

Je ne reviendrai pas sur le fait qu’une femme qui boit, c’est ignoble. Je dis boire, au sens “trop boire”. Je pense que si on me laisse le choix entre passer la soirée avec un Espagnol ou avec une fille bourrée, je pactise avec l’ennemi. Mes clients et mes amis sont toujours surpris de ma sobriété en soirée. Certes, je ne tiens pas l’alcool, mais ce n’est pas pour ça que je ne bois pas.

L’alcool a toujours été le lien entre les peuples, depuis le commerce du vin entre les peuples méditerranéens jusqu’à la gigantesque beuverie annuelle allemande qu’est l’Oktoberfest (Oh merde, carbone 14 de cet article, mis au frigo depuis octobre).

Attention à ne pas tomber dans l’excès inverse. Comme le dit Pascal : “L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête”. Vous passeriez aussitôt pour un horrible raseur.

Il est communément admis que l’alcool détend, met à l’aise. Lors d’une soirée, il sera étrange de vous voir les mains vides. Avant, les gens timides disposaient d’un arsenal complet pour cacher leurs doigts : clope dans une main, verre dans l’autre. Cache-misère… Comment gérer ses doigts en société et son alcoolisme aujourd’hui ?

Conseil de séduction : toujours un verre à la main. A moitié vide, à moitié plein, mais toujours un fond. C’est votre passeport pour la normalité. Et vous voulez avoir l’air normal. Même si on sait vous et moi que vous êtes fou.

Si vous êtes alcoolique à temps plein, ce conseil ne vaut bien évidemment pas pour vous. Vous êtes socialement bien intégré, l’Etat et les alcooliers vous déroulent le tapis rouge. Les vendeurs de serpillières vous bénissent. Les gens qui font le ménage derrière vous un peu moins.

Si vous êtes plutôt Straight Edge, on vous regardera comme une bête de foire en France, patrie du vin et du cognac. Si c’est un sujet qui vous ennuie, si vous n’avez pas envie de parler de toutes vos addictions comme Nicolas Rey dans Un léger passage à vide, pratiquez la politique du verre à moitié plein, demandez au barman de vous servir du soda ou du jus de fruit dans des verres à cocktails. Incognito, mais intégré, sans perdre des heures à raconter vos 12 steps chez les AA.

Si vous avez 14/15 ans : attendez le lycée pour boire. Faites comme tous les poulpes de votre âge : fumez en attendant de coucher, vous aurez l’air grand(e).

Considérons maintenant les conséquences de l’amour immodéré de l’alcool.

Les impacts physiques : Quand vous buvez,  vous puez de la gueule. Pas d’autres mots pour décrire le phénomène. Plutôt que la traditionnelle race au champagne / vodka selon votre degré de crise financière, je vous propose une alternative mentholée. Avec le Get 27, vous serez certes lourd et bourré, mais vous sentirez bon.

Votre haleine n’est que le premier point. Vos gestes deviennent moins sûrs. Ou plus insistants. Moins maîtrisés. Combien de robes tâchées avec du vin, avec des verres de vodka qui se font la malle au premier contact avec… rien ? Pas besoin d’obstacles, le mec bourré se débrouille tout seul pour renverser ses 16/20 euros. Mais est assez malin pour toujours trouver un responsable, et démarrer une baston si nécessaire. Ah, il est violent quand il boit en plus… Envers les autres ou tout seul, il tombe, se mange des murs, des trottoirs, un peu tout ce qui passe. Dents cassées, menton ruiné, le mec bourré fait tourner les hôpitaux la nuit. S’il lui reste un peu de lucidité, il pourra rire en croisant son autre ami noctambule, celui qui se bloque des hamsters dans les fesses. Mais ceci est une autre histoire.

Je ne vous parle pas des cirrhoses du foie, pas besoin ?

Les impacts psychologiques : Vos propos sont flous. Mais vous êtes persuadé d’être drôle. Progressivement vous recevez moins d’invitations en soirée, mais vous ne comprenez pas pourquoi. Vous gagnerez en lourdeur.

“Salut, je m’appelle Robert !

– Enchantée, Marie.

– Moi c’est Robert. Je suis chauffagiste. On se réchauffe ?

– ???

– Et sinon, tu t’appelles comment ?”

Non, le volume sonore n’est pas en cause. L’alcool altère votre capacité de concentration et votre mémoire à court terme. Vous devenez con. Certes, comme le dit mon oncle, “mieux vaut être bourré que con, ça dure moins longtemps”.

En termes de séduction, si l’alcool vous sert pour aller aborder cette belle blonde, vous êtes dans la merde. Clairement. Réfléchissez un instant : sobre, vos blagues seront plus pertinentes, vous rebondirez plus facilement d’un sujet à l’autre, vous vous débarrasserez de vos obstacles plus facilement. Imbibé, vous êtes votre plus grand obstacle. Sobre, ses copines vous feront plus facilement confiance. Vous réussirez mieux à les convaincre de la laisser partir avec vous.

C’est un tort de penser que vous réussissez mieux alcoolisé. La personne dont le taux d’alcoolémie importe le plus est celui de votre future princesse. Si elle est trop éméchée, n’y allez pas. A part les rapaces, qui voudrait d’une fille à peine consciente ? C’est à cause de types comme ça que le business est en péril, et que les moches continuent de se reproduire… Elle est bourré, vous aussi, et ce sont nos enfants qui en subiront les conséquences…

Les impacts sexuels :

Heureusement l’ivrogne ne réussit pas toujours à s’accoupler, faute d’érection. Le second effet kiss cool de l’alcool, c’est la vaso-constriction. Ça veut dire que vos vaisseaux sanguins sont moins bien irrigués (d’où le boom boom dans la tête le lendemain au réveil). Le sang circule moins bien dans toutes les extrémités : doigts, nez, pieds, teub. (Rappel : c’est stipulé dans le guide du clodo, boire n’aide pas à se réchauffer).

Le revers de la médaille, c’est que s’il bande un peu, l’ivrogne peut durer des heures. Il croit que c’est cool. Demandez-lui à elle… (Non, ceci n’est pas un paragraphe visant à justifier mon éjaculation précoce. Je suis puceau de toute façon).

L’alcool, c’est vraiment bon. Quand c’est consommé avec modération. Apprenez à savourer. Mais surtout, si j’ai un conseil à vous donner qui vous donnera envie de vous jeter par la fenêtre : tentez une soirée sobre, pour voir ce que ça fait. Comparez ensuite avec vos soirées éthyliques.

Add-on : Bouclage de boucle : regardez Boardwalk Empire et vous comprendrez le choix de l’image en haut. Prohibition, grand banditisme entre Atlantic City et Chicago. Série servie sur HBO par Steve Buscemi et Michael Pitt entre autres. Génie.

2 comments on “Boire ou séduire…”

  1. Je dis BRAVO!
    Excellent article. Je dis Amen à tout.
    Je relève avec stupéfaction ta référence au Straight Edge, subculture déjà assez confidentielle dans son pays d’origine et totalement inconnue ailleurs. Je reconnais bien là ton insondable culture pop. Respect. 😉

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