Cold mail

Comment Je Me Suis Transformé en Super Chinois Face aux Cold Mails

Attention : cet article ne vous apprendra strictement rien si vous gérez déjà votre emploi du temps à merveille. En revanche, si vous êtes dans le business development, si vous cherchez à networker, si vous avez envie de rencontrer du monde et faire du biz, je vous recommande de cliquer et de lire la suite.

J’aime rencontrer du monde. J’aime me nourrir des idées des autres, des contradictions de mes amis, des critiques constructives de mes camarades d’école. J’aime aussi faire du sport, me détendre, et passer du temps avec celle qui partage ma vie.

La donnée de base, qui dirige ma vie, avec laquelle je compose en permanence : mes journées font 24 heures et j’en passe au moins 6 ou 7 à dormir.

Il ne me reste donc que 18 heures maximum à consacrer à mes affaires et à ma vie. Ce temps est précieux, je le chéris, je le protège, j’ai appris à ne pas le donner à tout le monde. C’est une question de respect : pour mes ambitions, pour mes projets, pour mon couple, pour le sport.

Dans tout ce temps de travail que j’essaie de planifier le plus possible, je conserve toujours une à deux heures par jour pour l’imprévu, qui arrive toujours quand on est community manager de Patrick Bruel.

Je garde toujours un peu de temps pour écrire et publier LA NEWS IMPORTANTE du jour sur Artdeseduire.com ou sur ce blog.

Et parfois, un déjeuner à deux s’éternise et on fait une bonne rencontre, un troisième larron vient se greffer au déjeuner ou à l’apéro le soir : j’essaie de prévoir l’imprévisible.

#Controlfreak ? Si vous voulez. #Robot ? Si ça vous chante.

De temps à autre, j’aime me laisser surprendre et je réponds volontiers oui à des amis qui proposent des soirées, des apéros, des dîners, des sorties. J’ai toujours été un YesMan, j’aime dire oui et voir où l’aventure me mènera.

En revanche, s’il y a un truc qui me rend fou, et qu’on devrait enseigner au lycée, à la fac ou en école de commerce ou d’ingénieur, c’est le cold calling, ou le cold mailing : le fait de contacter un inconnu.

Voici le mail que j’ai reçu l’autre matin :

Objet : Félicitations Vous Avez Gagner Un Dîner

“Salut Sélim,

Sous cet objet clairement racoleur se cache : Machin Truc (mon nom de bloggueur) ou Prénom Nom et son envie de te rencontrer.

Ça fait pas mal de temps que je te suis et j’apprécie ce que tu fais.

Si tu veux retirer ton ticket gagnant, tu sais où me contacter ;)”

Quand je vois ça, je me dis : bien, il a des couilles, il a les crocs, il y va direct, mais il a oublié un truc.
Voici ma réponse à cette personne.

“Beau titre, belle approche, marketing offensif qui paie.

Mais il manque un élément clef : WIIFM (what’s in it for me ?) 😉

Je protège mon temps pour cause de mille trucs à faire, manque de temps avec mes potes, ma copine.
Du coup la question c’est toujours : on fait quoi ensemble ?

Je pense que je vais finir par l’écrire, cet article sur le cold call ou cold mail 🙂

Sélim ”

Voilà. A ce stade-là, normalement, le type en face comprend qu’il a oublié de m’apporter un truc.
La règle du cold call (l’appel à froid) ou du cold mail, c’est de ne pas frapper à la porte les mains vides.

Pour vous donner un exemple : j’ai envie de rencontrer des entrepreneurs. Des danseurs. Des footballeurs. Si je leur envoie ce mail, ils vont me rire au nez. A vrai dire : ils ne me répondraient même pas. PAS LE TEMPS ! Comme Super Chinois !

Pour eux, je ne suis rien si j’arrive les mains vides, sans proposition de valeur, de gain, de collaboration. Les sollicitations abondent de tous les côtés pour eux.

Je m’occupe depuis plus de 5 ans maintenant de la communication en ligne de Patrick Bruel. Au quotidien, ce sont des centaines de messages touchants, qui vont de “J’aimerais prendre un café avec toi, juste pour te connaître” à “j’aimerais bien te rencontrer, dix minutes pour te remercier”.

Projets, tournées, albums, cinéma (SING : Tous en scène et Un Sac de Billes bientôt dans les salles), ses enfants, sa famille : l’artiste n’a malheureusement pas le temps de rencontrer tout le monde.

N’allez pas croire que je me compare à lui 🙂 C’est juste que j’ai beaucoup appris pour préserver mon temps, garder toute ma tête et conserver mon énergie pour mes projets à ses côtés.

L’inconnu qui m’a envoyé ce cold mail est revenu à la charge. J’attendais des précisions : peine perdue, réponse à côté de la plaque.

Réponse à côté de la plaque à la suite du cold mail

“L’intérêt réside dans la surprise.

Je ne suis pas certain d’être aussi riche que vous : d’avoir autant d’expériences et de choses à partager que vous.
Mais étant quelqu’un d’honnête et d’équilibrer, je n’aurai pas envisager cette rencontre si chacun de nous n’y gagnerait pas quelque chose.

J’ai rencontré quelqu’un que vous connaissez bien, il m’a parlé de vous : “VAGUE CONNAISSANCE DE SELIM”, et nous avons eu ensemble des échanges assez riches.

Concrètement, si l’on se voit c’est l’occasion : de discuter, projets, affaires, vie, et des tas d’autres sujets, qui, à mon avis, sont susceptibles de vous intéresser ;)”

Bon déjà là, je commence à m’énerver intérieurement sur les fautes, plus nombreuses que sur le premier mail, où je pouvais être indulgent.

Non, le vrai souci, c’est que je n’aime pas les “surprises”. Venant d’une personne qui ne me connaît pas, il y a peu de chance que la surprise me fasse plaisir.

Estimer que je vais y gagner quelque chose ou pas, c’est présomptueux de la part d’une personne qui n’a aucune idée de mon rythme de vie et de mes envies.

Il essaie de me rassurer (un bon point) en faisant jouer le principe de recommandation sociale : il a rencontré quelqu’un que je connais. Mais encore une fois, ce qui a pu plaire à cette personne ne valide en rien l’intérêt de sa proposition pour moi.

Enfin, quand il me dit “concrètement”, et qu’il reste complètement évasif, ça signe la fin de la discussion pour moi.

Mes conseils si vous recevez des cold mails comme ça :

Ne rencontrez jamais quelqu’un qui ne veut pas vous donner la raison de la rencontre. C’est un principe de vie précieux pour sauvegarder votre temps. Il y a peu de chance que le sort de la France soit en jeu ou qu’il s’agisse d’une proposition financière solide.

Les personnes qui ont de vraies propositions vous le feront savoir intelligemment, pas en tournant autour du pot.

Les deux dernières fois où j’ai accepté de faire une entorse à cette règle, c’était pour des “social business”, des conneries de ventes pyramidales (produits de beauté, produits financiers etc…) Perte de temps, où j’ai écouté poliment au lieu de me lever au bout de dix minutes.

(Pareil pour les coups de fil des téléprospecteurs : j’entends, je comprends, et au bout de dix secondes je raccroche : “Désolé je ne suis pas intéressé au revoir”).

Ne culpabilisez jamais de préserver votre temps. Il est plus important que celui de la personne en face de vous.

N’acceptez pas de RDV avec une personne pas claire sur ses intentions.

J’aurais apprécié un cold mail me disant :

  • Il faut qu’on parle de séduction, j’ai un concept révolutionnaire à te présenter.
  • Je bosse dans l’affiliation, dans le dating, on peut faire des affaires.
  • Je fais un tour de France de tous les coachs en séduction, j’ai déjà vu “VAGUE CONNAISSANCE DE SELIM”
  • Je te lis depuis 6 ans sur Artdeseduire mais je n’ai pas les moyens pour un coaching, tu fais des réductions ?
  • J’aimerais un échange de bons procédés entre nos blogs…
  • J’aime bien ce que tu fais, je cherche un mentor, ça te dirait de devenir le mien ?

Il aurait pu avoir toutes les bonnes raisons de me contacter. Mais là, je n’en vois aucune.

Ça fait longtemps que je voulais écrire cet article sur le cold mail, parce que je vois trop de débutants aux dents longues (c’est bien) envoyer des mails pétés et faire perdre le temps des professionnels (c’est mal).

Ne venez jamais les mains vides.
Avoir envie de rencontrer quelqu’un, c’est mignon, c’est touchant.
Mais mettez-vous deux minutes dans la peau de l’autre.
Le plus souvent, vous n’aurez aucune idée de ce qui peut l’intéresser, alors soyez clair sur vos intentions pour lui faire gagner du temps, et l’aider à prendre une décision rapide.

Sélim, cold heart face aux mauvais cold mails.

6 comments on “Comment Je Me Suis Transformé en Super Chinois Face aux Cold Mails”

  1. Pour avoir fait du cold calling et du cold mailing en tant que bus dev manager, il est clair que les personnes qui font des mails ou calls comme ci-dessus manquent cruellement de professionnalisme et n’ont fait aucune recherche pour optimiser leur approche et donc taux de réponse (et chances de business). DYH: Do Your Homework! Si tu n’as pas fait de recherche sur ce qui intéresse ton interlocuteur et n’a rien à lui offrir dans ce sens (le fameux WIIFM), économise ton temps, économise le sien et va faire tes devoirs.

  2. Salut Sélim !

    Pas forcément d’accord avec toi, ou, en tout cas, avec ta vision froide des relations humaines basée uniquement sur les bénéfices qu’il y a(urait) à gagner. D’abord, parce qu’on a toujours à apprendre des autres. Quels qu’ils soient. De facto, il me semble hyper prétentieux de considérer que la personne qui te contacte va te faire perdre ton temps ou que votre rencontre ne se transformera pas en monnaie sonnante et trébuchante devenant ainsi inutile. Pour le coup, cet article ne brosse pas un portrait de toi très flatteur, et ne me donne pas du tout envie de te côtoyer (alors que j’ai des a priori positifs de longue date et que je t’apprécie). Où est la sincérité dans une telle conception des valeurs ? C’est une vraie question ! Si on était potes, je passerai probablement mon temps, mon précieux temps donc, à me demander si tu me côtoie pour ce que je suis ou ce que je peux t’apporter. Du coup, je perdrais du temps à évaluer ta sincérité alors qu’il me serait plus simple de ne pas te fréquenter. Enfin, c’est vachement glauque et cynique comme point de vue (même si l’idée de base concernant la gestion du temps se défend). Ensuite, de manière générale, je fuis les profiteurs, ceux qui justement ne s’intéressent qu’à ce que je peux leur apporter. En conséquence de quoi, j’évite de me dévoiler trop rapidement et je m’amuse à voir les réactions des gens qui ignorent qui je suis (ça devient savoureux quand on te prend de haut dans ton registre pro où tu as fait tes preuves depuis des années XD), ou qui passent à côté d’opportunités qu’ils auraient saisis “s’ils avaient su”.
    Sincèrement, et je dis ça avec beaucoup de bienveillance, réfléchis à la question de l’introduction de l’humain dans tes relations, parce que je suis convaincu qu’à long terme, ça risque de se retourner contre toi : le jour où tu n’as plus rien à apporter, combien resteront près de toi ?

    Pour en revenir à l’article, je dirais que les erreurs du type sont :
    – son accroche >> je l’aurais bazardé en spam sans préavis juste à cause de l’objet, sans même le lire
    – ses fautes d’orthographe (notre façon d’écrire indique déjà une part de notre personnalité, et la sienne ne résonne pas en moi >> différence trop forte >> peu de chances que ça accroche entre nous)
    – Il ne se présente pas ! Quelle personne saine d’esprit accepterait d’aller à un rdv avec un(e) inconnu(e) sans avoir ne serait-ce que quelques infos solides à son sujet ?

    En tout cas, tu découvres la rançon de la gloire Mr Controlfreak (clairement !). ^^

  3. Mais tu as la réponse à ta question, en fait…
    Ta question est celle qui me motive depuis toujours.

    “le jour où tu n’as plus rien à apporter, combien resteront près de toi ?” : peu. très peu.
    Et c’est pour ça que ma vie est axée sur l’apprentissage, pour aider les autres, pour servir les autres, pour avoir toujours quelque chose à apporter aux autres…

    Bonne année 😉

  4. Bonne année à toi aussi ! 😉 (la mienne s’annonce excellente grâce à ADS !)

    “pour avoir toujours quelque chose à apporter aux autres”

    Hum… Disons que je vois là une forme d’aliénation à un objectif de résultat (que tu t’impose tout seul). Mais tu ne seras peut-être pas toujours en mesure d’être dans cette posture (malade, dans un pays étranger, dans un groupe où on n’a pas besoin de tes compétences…) ce qui, du coup, pourrait te pénaliser, mais également te frustrer et te faire souffrir en éprouvant un sentiment d’impuissance. Après, c’est un choix. Mais par rapport à l’expérience que j’ai engrangé ces dernières années grâce (entre autres) à tes enseignements, j’ai constaté qu’en étant sincère et désintéressé, on obtenait finalement autant de résultats, sinon plus, que lorsqu’on fait les choses dans le but d’obtenir un retour (et les gens se souviennent tout autant de toi – je viens encore d’en avoir un exemple imprévu il y a 2 heures). Au regard de la vie que tu mènes, des opportunités qui s’offrent à toi au fil du temps, il me semble indéniable que la vie t’aime et qu’elle veille sur toi. Du coup, je pense que tu gagnerais à moins craindre “le manque” tout en apprenant à lui faire davantage confiance. C’est juste un avis extérieur comme ça en passant 🙂

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