Le service à la Française : cette France qui n’aime pas travailler.

Tranche de vie, connue de tous. Rentrer dans un magasin, une boutique et avoir l’impression de saouler les vendeurs au plus haut point. A Paris, le taxi et le serveur l’emportent haut la main dans la typologie des affreux, rien de nouveau et c’est bien dommage.

À l’heure où notre gouvernement veut rebooster l’économie grâce au tourisme en se fixant la barre des 100 millions de touristes par an, il y a vraiment du boulot.

La phrase qui a retenu mon attention lors de ces Assises du Tourisme : « retrouver le sens de l’hospitalité » car « trop souvent on confond service et servilité ».

Service à la française
Plus globalement, la France se fixe comme « prochain objectif » d’accueillir 100 millions de touristes étrangers, contre 83 millions en 2012, a indiqué Laurent Fabius.

« Le tourisme est la première industrie au monde, représentant 12% du PIB mondial et plus de 200 millions d’emplois », et pour la France, « je pense que nous pouvons nous fixer un objectif à la fois simple et mobilisateur : nous devons avoir pour ambition d’être le premier (pays pour le tourisme) au monde », a-t-il déclaré.

En rentrant de soirée le ventre vide à 23 : 30, j’entre dans une échoppe de type kébabesque, pizza, grec, américain, pas le temps de m’attarder sur du healthy food à cette heure-là. Tant pis, pas d’Instagram, ça attendra demain.

Trois « vendeurs » avaient déserté l’arrière du comptoir pour s’installer confortablement devant le match Belgique – USA.

« Bonsoir. », déclare le client affamé prêt à dépenser ses 7,50€.
« Bonsoir », dit l’un des trois « vendeurs » en baissant la tête sur son smartphone.

5 secondes passent. 10 secondes. Puis 15. Aucun des trois vendeurs n’aura la décence, la motivation, l’idée de se lever et de me demander ce que j’ai envie de manger. Je l’ai peut-être pris trop à cœur, j’ai pris ça comme un crachat dans ma sauce blanche.

Quand la rage monte en moi à ce point-là, deux solutions. Soit je leur donne un cours de comportement face au client qui les nourrit et leur permet de s’acheter des smartphones, soit je vote avec les pieds.

J’ai préféré aller dépenser trois fois ce montant chez Diep, un traiteur asiatique, au 22 rue de Ponthieux. L’accueil et le service furent excellents en dépit de l’heure tardive, la nourriture délicieuse.

Mépriser le client à ce point m’ulcère plus pour mon pays et pour notre réputation que pour moi-même, au fond, j’avais des knacks dans le frigo, j’avais une solution de repli. Me dire que certains touristes se retrouvent face à un tel accueil m’exaspère.

Le client est roi. Et avec 3 millions et demi de chômeurs, je ne sais pas quel business peut aujourd’hui se permettre de prendre de haut ses clients.

Revenant tout juste d’un séjour de quinze jours à NYC où il est impossible de ne pas être salué par un vendeur dès le premier pas dans son magasin, le choc culturel est assez intense.

Heureusement que dans la même journée, d’autres expériences m’ont rassuré sur notre envie de faire du business et sur la qualité du service dans certaines entreprises qui ont bien compris que “servir” leur client n’a rien de dégradant mais est bien le moteur pour une relation à long terme et des dépenses répétées.

L’obsession client est toujours la priorité chez Amazon qui m’a remboursé un Kindle que je n’ai pas pu aller retirer, Cleanio m’a livré mon costume et mes chemises avec le sourire et une gourmandise de chez Michel & Augustin, et Monsieur Marcel a fait un sans-faute dans ma commande, tant sur le ton que sur les délais.

Un service de qualité est encore possible et ne doit pas être réservé au luxe. Bravo à tous les « petits » entrepreneurs qui gardent le sourire face aux clients.

À tous les autres qui pensent pouvoir vivre en méprisant leurs clients : les applis de recommandation sociale vous tueront à petit feu si vous ne misez pas tout sur le service client. Si j’ai choisi cet exemple de restauration rapide, c’est parce qu’il est le plus frais dans ma mémoire, mais j’aurais pu écrire le même article sur la qualité du service à la française pour tant d’autres magasins…

Sur ce, je vais aller mettre quelques bonnes lignes pour le restaurant qui m’a sauvé la vie hier soir !

Sélim

4 comments on “Le service à la Française : cette France qui n’aime pas travailler.”

  1. Chouette article ! C’est assez effrayant en effet. Ça arrive souvent aussi dans les magasins où la caissière ne dit pas un bonjour et continue de discuter avec sa collègue. Ça a le don de m’exaspérer.

    Où sont passés les vendeurs souriants et sympathiques que l’on trouvait avant ? A moins que cela soit une mode parisienne…

  2. C`est sur que ça choque quand tu compare avec un autre pays, on est réputés mais on est en train de la casser notre réputation.

    Mais comme tu dis, la nature équilibrera les choses, les bons profiteront d`une clientèle qui n`hésitera pas à revenir la ou les autres fermeront boutique, à nous d`aller aux bons endroits.

    Pour moi le chômage existe, mais, si tu veux vraiment du travail et des sous pour remplir ton frigo, tu trouvera un travail, le problème c`est que les gens ont un gros poil dans la main, font la fine bouche et après se plaigne de tomber dans la précarité, j`ai 20 ans et depuis mes 16 ans je trouve des boulots, même étant étudiant, et donc sans diplôme particulier, les gens n`utilisent simplement pas leur brain, et ne savent ni saisir ni créer des opportunités.

    Je suis tout de même conscient que certains personnes sont vraiment dans une position difficile, mais je pense pas qu`ils soit majoritaires dans le total des chômeurs, les autres c`est de la mauvaise foi.

    Vous attendiez du changement, ça vous va pas, alors agissez, provoquez la chance !

  3. Hello Monsieur Lumière !
    Je me demande, à force, si on en a déjà connus des souriants… Probablement les vendeurs de quartier, quand j’étais gamin.
    Ici, j’ai trouvé un coiffeur génial, un barbier aussi, et un cordonnier dans l’ancien arrondissement où j’habitais. Mais les commerçants souriants se font rares…

  4. Bon esprit, mais pas facile pour tout le monde de provoquer sa chance… (et encore moins pour ceux qui ne sont pas munis de leur sourire obligatoire dans le commerce !)
    Bon week-end Arthur !

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