Comment draguer la Parisienne ? [Book review]

Une question que tous les Sudistes (et autres provinciaux) se posent en arrivant “à la capitale”. Elle est froide, elle est distante, quand elle n’est pas chiante à mourir. La Parisienne. Cette femme élégante qui captive les créateurs du monde entier.

Qu’on s’entende : la Parisienne est brune. C’est comme ça. Épicée, sulfureuse, ni Bardot ni Grace Kelly, ni Birkin mère ni fille. Fanny Ardant. Sophie Marceau. Camille de Pazzis. Berenice Bejo. C’est à ce genre de brunes que je pense quand on me parle de Parisienne. Comme dans les Parisiennes de Kiraz, souvent élancées. Si je vous parle de Parisiennes aujourd’hui, c’est parce que j’ai reçu un bouquin, et qu’il me met bien dans l’embarras : laissez-moi vous expliquer mes soucis de blogueur juge et partie.

J’ai reçu un jour un mail me demandant mon adresse pour recevoir “Comment draguer la Parisienne ?” de Sarah Comi, publié chez Fortuna Editions.

Je reçois l’ouvrage. Je le lis, après tout, c’est dans mon domaine de compétences et lire l’ouvrage d’un concurrent peut donner des idées. Que nenni. Je lis d’un oeil effaré un ouvrage qui est une repompe intégrale de tout ce qu’on peut trouver sur www.artdeseduire.com.

Mais attention, repackagé. Remanié. Exprimé avec des mots de fille, pour faire plus doux, pour faire plus français. (J’aime l’idée de déjargoniser la séduction. Parfois, je me gonfle moi-même avec tous les termes techniques que j’emploie lorsque je rédige mes conseils en séduction).

Si j’ai aimé l’approche “L’homme propose, la femme dispose” du bouquin, l’Eye contact qui devient “la danse du regard” m’a laissé froid. Les conseils en séduction dispensés par l’auteur vise un lectorat relativement aisé qui ne cherche pas à sortir avec des greluches. Des vraies Parisiennes. Avec des métiers à responsabilité.

L’auteur travaille dans la “finance pour grande entreprise”. Elle se coupe, je pense, d’un lectorat plus populaire, qui est pourtant celui qui se demande comment draguer la fille de Paris, n’y ayant pas été exposé dès le plus jeune âge au collège et au lycée.

Deux trois leçons de savoir-vivre, un peu d’oenologie par-dessus, un peu de rock acrobatique ou de danse de salon, c’est bon, vous êtes prêt à séduire Amélie Poulain.

Je terminerai ce “book review” par un point qui fera hurler les féministes, et qui me semble logique.
“La sagesse populaire dit que si l’homme veut un dessert, il doit payer l’addition”, le dessert ici étant la femme. Miam. Lors du premier rendez-vous, il est important, sinon fondamental, de ne pas se montrer radin. D’accord avec l’auteur. Bien joué.

Verdict :

Une méthode pour apprendre à séduire qui n’a aucun intérêt. Vraiment. Mon problème : je suis juge, parce que je connais très bien ce type d’ouvrage. J’en ai lu des dizaines. Mais je suis aussi partie. Parce que je préfère évidemment qu’on achète mes ouvrages à ceux d’une illustre inconnue.

En tant que blogueur qui écrit sur les relations hommes-femmes, je me demandais s’il était éthique de dégommer le travail d’autrui. S’il valait mieux ne pas en parler. S’il fallait donner le livre à un enfant.
Quand on est blogueur et qu’on est sollicité pour un produit qui ne plaît pas, comment faire ?

S’exprimer et vexer ? Se taire et mentir ? Ai-je un devoir de vérité envers mes lecteurs ? Dois-je leur dire : “N’achetez pas ce bouquin, allez plutôt acheter la version française de Révélation de Mystery ?”

La vérité sur cet article : si j’ai écrit le billet aujourd’hui, c’est parce que j’ai perdu le mail de l’éditeur ou de l’auteur, et que je ne sais pas qui contacter pour leur dire que j’ai bien reçu le livre. Livre que je mets à votre disposition. Il est un peu surligné, mais n’est d’aucune utilité dans ma bibliothèque. Merci aux Editions Fortuna. Sans rancune. Bisous.

Bon week-end !

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