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En Avion avec des Cons : le Guide des Bonnes Manières pour Survivre dans les Airs

« L’Enfer, c’est les autres. » Et pas seulement quand ils ont moins de 7 ans et refusent obstinément d’obéir à leurs géniteurs, qui ont baissé les bras bien avant l’embarquement. Les gosses, ça braille, je pense que j’étais comme ça, que vous étiez comme ça et que vos enfants seront comme ça. Donc laissons ces diables de côté et concentrons-nous sur les vrais poisons qui pourrissent votre sérénité en vol.

Dans la bataille perdue d’avance pour le vivre ensemble que j’ai décidé de mener, il est encore des axes d’amélioration qui mériteraient d’être travaillés (comprendre : « P**ain, y’a des claques qui se perdent »). La violence en avion étant rarement la solution, voici un mini-guide de bonnes manières pour se comporter comme un honnête homme en avion.

Commençons par le dénouement, par l’explosion, par la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Après avoir supporté vos voisins pendant tout ce vol, voici qu’ils se déchaînent tous au même moment.

Non, tu ne sortiras pas plus vite…

Après que les applaudissements désuets ont fusé pour remercier le pilote pour son atterrissage parfait, les hommes pressés sont déjà debout, prêts à bondir vers la porte de sortie. Le seul problème : vous, avec votre siège dans l’allée, qui leur barrez l’accès à leur précieux bagage à main.

Si vous êtes l’homme pressé : prenez votre mal en patience, vous ne gagnerez au fond que 5 à 10 minutes en bousculant tout le monde. Votre bagage en soute ne sera pas livré plus vite. Vous n’avez pas eu de chance, c’est ainsi : la prochaine fois, demandez à votre voisin d’échanger les sièges dès le début du vol pour être dans l’allée.

Rien de pire pour l’homme de l’allée que de subir la bedaine ou le caleçon bariolé d’un inconnu. Tyler Durden avait l’amabilité d’en rire dans cette scène célèbre de Fight Club.

Comment s’habiller pour un vol ?

Long courrier ou vol rapide, voyage business ou vacances en amoureux, on ne revêt pas la même parure. J’ai tendance à privilégier un look casual : pas complètement formel, pas vraiment business, mais pas en jogging baskets non plus.

Si être à l’aise est important, ce que je conçois aisément, j’avoue ne pas être un grand fan des odeurs de pieds de mes voisins / voisines (coucou les ballerines).

Hier, j’ai eu le droit au doux spectacle d’une femme qui massait les pieds de son homme pendant le vol (Il y avait un siège vide à côté d’eux). Entre le dégoût et la jalousie, je ne sais pas ce qui m’a le plus mis en rogne… D’autres se sont déjà penchés sur les questions suivantes :

  • Porter une ceinture, trop de temps perdu ?
  • Faut-il porter ses habits les plus lourds sur soi ?
  • Devez-vous porter vos chaussures les plus volumineuses pour libérer de l’espace dans votre bagage ?

Réponses à découvrir dans cet article. Ou dans la vidéo très technique de Maxime Musqua qui décide de porter sur lui tous ses vêtements de la semaine.

Le moment où tu remets ta veste

Regarde cet espace exigu. Vois comme tu bouscules tout le monde. Tu n’iras pas plus vite vers la sortie, habillé. Si je me prends un coup de veste, je t’étrangle avec. Ou je te tords les doigts, une spécialité maison.

Remettre sa veste ou son manteau sans déranger ses voisins exige de la patience, un bon sens du timing et une bonne gestion de l’espace. Tout ce dont mes voisins d’avion semblent toujours manquer. Je n’ai qu’une envie dans ces moments-là : rendre coup pour coup, mais il paraît que ça ne se fait pas, que ce n’est pas très gentleman…

Le moment où tu cherches tes affaires dans le compartiment à bagages

Merci de t’habiller en conséquence, de prévoir le bon caleçon. Ce serait sympa. A la limite, tu peux coller ton bas-ventre sur moi, pourvu qu’il soit doux.

En réalité, j’ai toujours peur des débiles et des maladroits. Peur pour mon intégrité physique, et peur pour mon ordinateur, souvent en cours d’utilisation… Une zone de turbulences est si vite arrivée, et a vite fait de déstabiliser vieillards et 90% des personnes malhabiles, surprises par les mouvements de l’avion.

Résultat : quand j’ai le siège dans l’allée et qu’un intrus surplombe mon ordinateur, je prends une pause et protège mon outil de travail. (Notez qu’il faut encore plus de vigilance dans le train où les mouvements sont encore plus violents et les appuis des gens encore moins stables. Un “accident” est si vite arrivé…)

Le moment où tu te mets à ronfler

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Les personnes qui ronflent devraient être interdites dans les transports en commun. Voilà jusqu’où va ma tolérance quand je suis fatigué et qu’un ronfleur a la bonne idée de s’endormir avant moi, me privant ainsi de mon précieux repos.

Dans ces moments-là, comment réagir ? Le coup de coude dans les côtes est trop radical, le fait de lui boucher le nez pour qu’il se réveille risque d’être pris pour une intrusion… pourtant nous sommes tous d’accord, c’est l’autre qui a commis la première faute de jeu.

Une tape amicale et chaleureuse sur l’épaule « FDP SVP, vous ronflez très fort, vous m’empêchez d’entendre les moutons que je compte… »

En général, le combat contre les ronflements dans l’avion est un combat perdu d’avance. Le personnel navigant ne vous sera d’aucune aide : il proposera rarement au ronfleur une relocalisation, et encore moins un surclassement pour vous… car si ça commence avec vous, c’est 20 passagers qui s’engouffreront dans la brèche…

A vos boules Quiès...

Le moment de la bataille pour l’accoudoir

Comme dans Highlander, il ne peut en rester qu’un. Et autant que ce soit vous. Vous devez rester ferme et vigilant dans votre lutte pour l’accoudoir : une demi-seconde d’inattention et c’est fini, vous pouvez perdre l’usage de l’accoudoir pour tout le trajet.

Si votre voisin a tendance à déborder sur votre côté, expliquez-lui que le voyage va être long et que vous préférez mettre les choses au clair rapidement : chacun des passagers peut avoir un accoudoir et un chanceux peut parfois en avoir deux.

Jouez-le à pile ou face avec une pièce truquée si nécessaire, ou à shifumi si vous êtes balèze. (Les règles pour gagner à Shifumi sont ici)

L’épineux cas du type qui pue

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On peut se boucher les oreilles, on peut fermer les yeux, mais on n’échappe pas à la faiblesse de son nez, toujours ouvert…

Les odeurs, toujours les odeurs… Ce type malodorant a décidé de se sentir mieux, et sort un déodorant. Pas à bille, pas un stick, ce serait trop simple. Non, l’individu a acheté un spray, cheap de préférence et compte bien en faire profiter tout l’avion.

Sur la liste des types à abattre, match nul avec le ronfleur. L’astuce pour survivre : avoir parfumé un vêtement à vous ou un mouchoir au préalable pour vous plonger dans un cocon d’odeurs agréables. Ou passer au Duty Free pour vous parfumer à l’oeil (léger pour ne pas incommoder les voisins : un Noble Leather d’YSL ou Boss Bottled font toujours le job pour m’apaiser)

Si vous êtes le type qui pue (ça arrive), ayez avec vous des lingettes pour les fesses de bébé, ça nettoie bien et ça laisse une odeur agréable, bien moins insupportable qu’un déodorant bon marché. Si vous ne savez pas que vous puez : changez d’amis.

Le type incontinent

Sur l’autoroute, il faut faire des pauses toutes les deux heures. Dans l’avion, de la même manière, on conseille aux passagers d’aller se dégourdir les jambes de temps à autre. Problème : quand votre voisin respecte à la lettre cette consigne et vous réveille en permanence, ou vous dérange pendant que vous êtes en train de mater un film ou d’écrire votre prochain roman.

Celui qui enchaîne les allers-retours aux latrines est un fléau avec qui vous devriez rapidement échanger les sièges pour survivre…

L’exception : proposez directement à la femme enceinte côté hublot ou au milieu de prendre le couloir. Elle sera touchée par ce geste chevaleresque.

Le cas du fauteuil qui s’abaisse

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La première devise d’EA Sports, avant « It’s in the game », était une version longue. « If it’s in the game, it’s in the game. »

Appliquée à l’avion, ça donne : « Si ton siège s’abaisse, il s’abaisse. » Le passager de devant a rarement le moindre respect pour celui situé derrière lui. Il suffisait de voir la vieille dame à côté de moi, le malin plaisir qu’elle a pris à incliner son siège le plus possible.

Généralement, quand le passager devant moi décide de s’allonger pour s’assoupir, il ruine mon angle d’écriture sur l’ordinateur portable, mon écran n’est plus visible… C’est le jeu, ça fait mal mais c’est légal. Et c’est encore plus dommageable dans les petits avions où tu ne peux plus du tout écrire…

Pause culture sur le scandale du knee defender, le gadget « protecteur de genoux ». Deux avions ont été déroutés en 2013 à cause de passagers furieux de voir un voisin incliner son siège. Un Américain a inventé un gadget pour résoudre le problème. (Voir la vidéo d’une minute ici)

On fait quoi alors quand le passager de devant incline son siège ? Soit on fait pareil, soit on prend sur soi… Et si on est celui qui veut incliner le siège, les guides de bonnes manières préconisent de toujours prévenir la personne derrière soi, c’est plus sympa !

La conversation qui s’éternise

Il ne s’arrête plus. Votre voisin a décidé de vous raconter TOUTE sa vie. Deux solutions polies pour reconquérir votre espace mental : prétexter un podcast à écouter, ou avoir du pain sur la planche (un livre à lire, une présentation PPT à fignoler pour votre réunion…)

« Je suis vraiment désolé, je vais devoir me concentrer sur ma méditation transcendantale / le deuil des dizaines de milliers de chiens en Chine / mes copies à corriger. Si à un moment je m’endors, n’hésitez pas à me réveiller. »

Assorti d’un clin d’œil de connivence, le voisin ou la voisine devrait alors détourner sa logorrhée sur la victime la plus proche. S’il ne comprend pas, sortez votre casque ou vos écouteurs…

Abattons les stressés de la vie.

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En réalité, j’ai une grande admiration pour les personnes qui ont la phobie de l’avion mais réussissent tout de même à grimper dans la carlingue. Un seul point néanmoins : je n’en ai rien à F*****.

Ça ne m’intéresse pas de connaître les statistiques de mortalité en avion, ni que vous me fassiez un résumé de Lost, German Wings, Rio-Paris ou des crashs de l’acteur Harrison Ford.

Pensez à l’ambiance, souffrez en silence. Et puis quand bien même on irait se crasher, tu veux faire quoi, depuis ton siège 7B ? Valar morghulis et puis c’est tout…

Patience et longueur de temps font plus que force ni rage

Bonnes manières bruit
Moins fort svp…

En fonction du niveau d’intrusion sonore de vos voisins, vous pouvez opter pour différentes parades afin de respecter les bonnes manières en vol.

  • Votre voisin qui a décidé de partager sa musique avec tout le monde : demandez-lui gentiment de baisser le volume.
  • Les voisins bruyants qui ont décidé de parler alors que vous souhaitez dormir : en fonction du moment et de l’ambiance globale, vous pouvez leur demander d’observer une minute ou cinq heures de silence.
  • Ce couple qui a décidé de rire pour rien à toutes les vannes pourries du film qu’ils regardent : arrêtez de faire le rabat-joie…

Soyez TOLERANT avec le type qui tape trop fort sur son clavier à côté de vous : vous pouvez me demander de taper moins fort, je vous prêterai mes boules Quiès !

A regarder absolument : le compte Instagram Passenger Shaming. Des photos prises par du personnel navigant pour se plaindre du niveau de connerie des passagers à travers le monde.

Sélim, blogueur voyage

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