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3 choses que le coronavirus va faire changer (ou pas)

J’avais vu passer une statistique liée au confinement : visiblement, on passait déjà 90% de notre temps enfermé, entre le bureau et chez nous, donc la notion-même de confinement devrait être supportable.

Chaque jour, du haut de mon quatrième étage, je regarde des joggeurs passer, des promeneurs de chien utiliser leur animal de compagnie pour prendre l’air.

Je contemple les gens du quartier se parler à ce qu’ils estiment être deux mètres, et j’ai envie de leur hurler dessus.

Beaucoup de réflexions, de questions en cette période de confinement à cause du coronavirus. Mais j’ai 3 questions principales qui m’agitent, j’avais envie de les partager avec vous ce matin, parce qu’écrire me fait du bien et me permet de réfléchir.

J’espère que vous allez bien, que vous tenez le coup. Moi, ça va. Je suis enfermé avec une bonne personne, beaucoup de livres, Netflix, Disney+, OCS et Canal+, et BEAUCOUP de commandes de la part de mes clients, donc je n’ai pas le temps de m’ennuyer.

Le cerveau est occupé comme il faut, j’ai le temps de réfléchir à ces quelques changements liés au confinement.

Quelques économies réalisées grâce au coronavirus

Je ne vais pas vous donner de chiffres sur mon budget bouffe en temps de paix, il est aberrant.

Depuis que nous sommes « en guerre », je ne commande plus rien sur Deliveroo ni sur Ubereats ni sur Frichti, pour limiter les contacts, je fais des économies assez hallucinantes sur ce poste budgétaire.

Mon compte en banque se vide moins vite qu’avant, en ce moment.

Dès le mois de février, j’avais refait le tour des prélèvements mensuels, des abonnements : les assurances, les frais bancaires, le forfait téléphonique, OCS, Netflix et Canal+.

J’avais fait le choix de résilier mon abonnement Pathé Gaumont avant que le confinement ne soit prononcé. Ça n’avait plus aucun sens, je n’y allais plus assez pour qu’il soit rentable.

Parmi les prédictions des collaptionnistes, ces fans de l’effondrement du système, on retrouve régulièrement la fin des rassemblements populaires, qui sont de vrais « aimants » à attentat et de vrais foyers de contamination.

Il est probable que cette crise du coronavirus accélère la fin du cinéma tel qu’on l’a connu, dans une grande salle commune, avec des inconnus.

Le repli sur soi va s’accélérer, et la consommation de nouveaux films se fera aussi de plus en plus chez soi.

(Dans ma tête, j’imagine aussi la fin des grands stades de foot, des pistes d’athlé, et des tribunes de F1, la fin des grands rassemblements pour cause sanitaire. Vous imaginez un Tour de France sans la foule sur les routes ? Vous imaginez un Euro ou une Ligue des Champions joué dans des salles confinées, avec des dizaines de caméras, avec des statistiques directement disponibles sur vos écrans ?)

Ma relation avec mes voisins

Chaque soir à 20 heures, j’applaudis, par devoir patriotique. Je soutiens les soignants, qui font un boulot dingue pour ce pays, pour sauver les vieux dans les Ehpad, les obèses, les jeunes, les sans-papiers.

Je pense à mon frère, médecin, sur l’île de la Réunion, où le coronavirus ne s’est pas encore trop propagé.

J’ai fait le choix de ne pas quitter Paris, mais de rester dans la capitale, plutôt que d’aller me réfugier, au vert, en Alsace, ou sur le bassin d’Arcachon.

Je vis donc avec mes voisins, et tous les soirs, nous avons rendez-vous. En face, c’est une famille qui habite un beau duplex. Un homme et deux femmes. Je les aime bien, ils ont des têtes de gentils.

Dans le bâtiment à leur droite, des étudiantes, deux ou trois.

Encore à droite, deux autres familles, plus réservées.

Encore à droite, au cinquième étage, des fêtards qui mettent le son à fond tous les samedis soirs de 20 heures à 22 heures. Je les déteste cordialement, bien évidemment.

J’ai fort envie d’appeler la police pour leur rappeler les règles de vie en communauté, mais je pense que la police a autre chose à faire en ce moment. Ca m’oblige à subir les incivilités de ces voisins bruyants, ça me rend fou.

Parfois, je m’imagine prendre un pistolet à bille pour demander aux trois étudiantes d’en face de baisser le son.

Dimanche dernier, profitant du soleil, elles ont picolé tout l’après-midi en hurlant (à ce stade, on ne peut pas dire “chanter”, c’était leur version du karaoké alcoolisé).

Hier, mardi, c’est mon voisin de l’immeuble de gauche qui a décidé en plein après-midi de mettre du gros son pendant plus d’une heure. On ne l’avait jamais entendu, lui, et là, craquage, il s’est cru en boîte.

Le souci, c’est que je bosse, et j’ai besoin de calme et de concentration pour écrire.

Ce matin, l’appartement du dessus a retrouvé de la vie. C’était principalement un appart’ Airbnb depuis janvier (autant vous dire que je pétais un câble tous les 3 jours à cause des touristes jeunes et noctambules).

J’ai donc contacté le propriétaire, par texto, pour lui demander de demander à ses nouveaux locataires de faire moins de bruit.

Sa réponse est typique de cet état d’esprit individualiste que je ne supporte plus à Paris, ce “je fais ce que je veux, deal with it”.

« Machin et bidule (son ex-femme et son fils) étaient en voyage depuis deux mois. Machin n’a jamais eu le pas léger, mais aucun voisin avant vous ne l’a remarqué depuis 5 ans.
C’est normal d’entendre ses voisins dans un immeuble ancien. J’espère que vous pourrez vous y habituer dans cette période si spéciale. D’autant que bidule a 6 ans et il est impossible de contrôler ses moments d’animation, surtout en confinement. Blabla… »

Ce confinement ne fait qu’exacerber ce que je ressentais déjà depuis un moment : ceux que j’aime bien, ce sont les voisins que je n’entends pas, qui ne font pas de vague.

Ceux qui savent rester à leur place sans empiéter sur les autres.

J’ai été élevé dans l’armée, dans le respect, dans l’obéissance des lois. Je crois que ça me rend partiellement inadapté à la vie en communauté avec des gens qui n’ont pas le sens de la vie en communauté.

J’ai physiquement envie de leur faire du mal quand je les entends. Mais vu que je ne veux entrer en contact avec personne, j’attends.

Le coronavirus m’oblige à contenir la rage en moi, alors que d’habitude, je serais allé frapper à toutes leurs portes…

Se reconnecter au premier cercle, ceux qui comptent

Ce confinement, c’est aussi l’occasion pour moi de faire l’inventaire de ceux qui comptent vraiment pour moi. Quels amis ? Quels collègues ? Quels clients ? Quelle famille ?

C’est l’occasion de faire le tri sur ceux que je veux dans ma vie. J’ai trois groupes d’amis Whatsapp distincts, j’ai deux groupes « famille ».

J’avais déjà fait un ménage d’hiver en novembre ou décembre sur Facebook, passant de 4600 « amis » à 2600 « seulement ». J’y vois plus clair. Je passe moins de temps sur ces fausses relations sociales.

Ça me donne envie d’écrire un article sur la MarieKondoisation des relations en temps de coronavirus, tiens…

Quand la vie reprendra son cours (je ne pense pas qu’il y aura un « après » très différent), ces changements seront-ils durables ?

  • Est-ce que je me remettrai à dépenser mon argent dans tous les restaurants matin, midi et soir ?
  • Est-ce que j’aurai envie de faire la connaissance de mes voisins ?
  • Est-ce que je prendrai toujours autant de nouvelles de mes proches ?

Ce sont des questions vraiment personnelles, pas vraiment les plus importantes par rapport à ceux qui perdent des proches ou leurs jobs.

Mais elles font partie de ma réflexion actuelle.

Vivre à Paris ou vivre à la campagne ou à la plage, loin des foyers infectieux ?

C’est ça aussi, la vraie question après ce confinement…

Bonne semaine à tous, prenez soin de vous, et faites des squats !

Sélim, copywriter privé de caméra, mais pas de clavier

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