Une vie sans fin Frederic Beigbeder

Que vaut « Une Vie Sans Fin » de Frédéric Beigbeder ?

Allez pas d’attente, Une vie sans fin porte mal son nom. Le dernier livre de Frédéric Beigbeder, sorti aux éditions Grasset en janvier 2018 contient des spoilers dans le titre même de l’ouvrage : ce livre n’a pas de fin.

OK, j’exagère un peu : je me suis régalé à la lecture des 200 premières pages, d’autant que l’auteur-réalisateur-acteur-présentateur-chroniqueur traite d’un sujet génial dans Une vie sans fin.

Tout d’abord : merci Grasset ! Merci pour l’envoi avant la sortie du livre, ça fait plaisir, vraiment. Je l’ai lu, vaguement souligné, et je vais l’offrir à un lecteur. Par souci de KONDO-ïsation de ma maison (= la magie du rangement, je jette tout, je donne tout, même les livres).

Je l’aurais acheté, comme tous les livres de Frédéric Beigbeder depuis que j’ai 16 ans… Mon premier, c’était 99 francs, le dernier, c’était Oona & Salinger .

J’achète le dernier Beigbeder comme j’écoute le dernier Phoenix ou comme je vais voir le Dernier Star Wars : ce sont des incontournables de la pop culture, ce sont des incontournables de ma mythologie personnelle. J’ai grandi avec ces types et ces oeuvres.

Quand je découvre leurs nouvelles créations, c’est toujours avec l’attente du mindfuck de 99 francs, c’est avec cette même envie d’être emporté que lors de la première écoute de Lisztomania.

Et avec l’envie de retrouver de vieux potes. Une voix, une plume, un ton. Je suis le lecteur moyen, ni plus ni moins : je me retrouve très bien sur l’échelle décrite par Derek Thompson dans Hit makers, l’échelle entre néophobie (la peur de la nouveauté, j’achète toujours les mêmes auteurs, et néophilie (« hey mais surprenez-moi quand même un peu ») !

Une vie sans fin de Frédéric Beigbeder : transhumanisme et immortalité au programme !

Il y a des jours où je me dis que Frédéric Beigbeder, c’est moi avec 18 ans de plus.

Trop de fêtes trop jeune, trop de soirées indescriptibles parce que ma mère pourrait tomber sur cet article. Et une incapacité relative à rester en couple.

Là où ça change vraiment, c’est que l’amour a l’air de durer plus que 3 ans cette fois-ci pour Frédéric. Il est amoureux, il est marié à nouveau, et il a une nouvelle enfant.

Une vie sans fin Frédéric Beigbeder

En tant que lecteur, j’ai ressenti quelques frissons et j’ai gloussé lors de l’évocation de parties fines, dont l’auteur parle parfois à regret.

Donc non, il ne sera pas question d’orgies, ni de vraies drogues dures sniffées sur le capot d’une voiture dans « Une vie sans fin ».

Le nouveau Beigbeder est éco-responsable. Sauf qu’on n’y croise plus les rois et reines de la night parisienne, mais les docteurs et chercheurs qui bouleversent la vie humaine, le génome, l’espérance de vie.

Du docteur des stars Frédéric Saldmann (un sosie de Francis Huster, si vous voulez chercher sur Google) aux chercheurs en génétique en Israël et aux Etats-Unis, on suit Frédéric Beigebder dans un périple contre la mort. Son combat contre la mort. Bien sûr, on le sait angoissé à l’idée de mourir.

Il retourne même en parler brièvement à sa psy à Paris.

Il essaie de se soigner et d’avoir un corps neuf et frais en allant dans la station ultra-chic de Viva Mayr en Autriche.

Viva Mayr Une vie sans fin

Au fond, « Une vie sans fin » est un roman lifestyle du futur. Les belles destinations sont toujours là, la patte du réalisateur n’est jamais loin. Paris, la Suisse, l’Autriche, New York, la Californie. On a toujours autant envie de voyager avec Beigbeder.

Le name-dropping est toujours aussi présent, et vous croiserez des stars, des chefs, des chercheurs.

L’égo-trip est lui aussi toujours bien présent, alternant un Beigebder réel et fictif. Certaines trouvailles valent d’ailleurs la lecture du bouquin. Qui se lit comme un divertissement d’époque.

D’ailleurs, réflexion marketing qui a dû être passionnante chez Grasset : c’est quoi cette couverture ? OK le symbole de la vie infinie, le 8 couché. Mais le format rompt avec le classicisme dont on avait l’habitude. Volonté de l’auteur ?

Mais la base d’un livre, peut-être que je m’égare, c’est l’histoire… où est l’histoire ? Il y a des passages très intéressants. Le livre se lit vite, comme un catalogue de belles destinations, comme un résumé de tous les livres du moment (entre Homo Deus, L’homme nu, la Guerre des Intelligences…).

Le livre se lit vite grâce aux interruptions, grâce aux changements de lieu de ce James Bond au panache bien français. Grâce aux listes insérées pour casser le rythme ou en ajouter. Grâce aux comparaisons « trentenaire – quinquagénaire » ou « homme – robot » qui permettent de se sortir la tête de ce délire transhumaniste. Grâce aux évocations de Lara Stone et Kate Upton aussi…

Lara Stone dans le nouveau romande Beigbeder

J’ai cru qu’on allait quelque part sur les 200 premières pages. Bof bof. Un poil déçu. C’est comme Woody Allen, c’est dur de faire très bon quand on fait un film par an.

J’ai passé un bon moment parce que c’est Beigbeder, parce que je retrouve sa plume, mais si on m’avait dit « tiens, lis ça » sans me préciser le nom de l’auteur, j’aurais peut-être fait « mouais, bof… ».

Comme je vous le disais en intro : ce livre n’a pas vraiment de fin satisfaisante (mon humble avis).

Sur le sujet de la vie dans le futur, j’ai préféré Sapiens puis Homo Deus de Yuval Noah Harari. Sur le sujet des intelligences artificielles, vous pouvez creuser le sujet avec La Guerre des Intelligences.

Si vous voulez lire un truc qui commence bien et qui finit plutôt pas très bien, je vous recommande « Ils vont tuer Robert Kennedy » de Marc Dugain. J’étais vraiment accroché, j’avais l’impression de retomber dans mes premiers James Ellroy, l’American Trilogy !

Mais le livre que j’ai préféré ces derniers mois, je l’ai lu récemment, il s’agit du Prix Goncourt 2017, « L’ordre du jour » de l’auteur Eric Vuillard. Je ne vous en dis pas plus.

Bonnes lectures à tous pendant les fêtes !

PS : Frédéric Beigbeder, je t’aime, et je lirai le prochain livre que tu écriras.

Sélim, mode « binge-reading » enclenché

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