rencontrer des inconnus

Pourquoi Vous Devriez Répondre « NON » Quand On Veut Vous Rencontrer

Vous vous plaignez d’être toujours débordé ? De ne pas en faire assez, ou d’avoir l’impression de ne pas en faire assez ? Vous voulez réussir votre carrière, faire plus de cash et réseauter plus : tout cela est possible, et très lié.

Mais ce matin dans le Figaro, un article intitulé « Pourquoi il faut répondre OUI à quelqu’un qui veut vous rencontrer » est paru et m’a agacé. Je vous explique pourquoi vous devez apprendre à dire non… mais pas à tout le monde !

Si vous n’êtes pas encore convaincu que la réussite d’une carrière et d’un projet passe par le réseau, le fait de connaître du monde, vous pouvez arrêter ici votre lecture. Je ne réussirai pas à vous convaincre, et je n’ai à vrai dire pas le temps…

Connaître du monde, posséder un fort capital social, avoir de l’entregent, du réseau, être un bon networker, avoir le bras long : vous appelez ça comme vous voulez, mais le fait d’être bien connecté socialement ouvre des portes.

C’est ce qu’explique cet article du Figaro, que je vous recommande de lire.

Mais après la lecture de cet article sur l’importance du réseau et du networking, je me dis que soit l’auteur n’a pas les mêmes contraintes d’emploi du temps que moi. Et que vous, peut-être, si vous avez du mal à réseauter efficacement.

  • Sa catégorisation des trois personnes impliquées dans le networking est très valable : on parle bien des « givers », qui donnent de leur temps, qui donnent leurs conseils, qui aiment à rencontrer du monde,
  • Des takers qui prennent, qui se servent, on pourrait les appeler les arrivistes ou les profiteurs, ce sont les personnes qui réseautent uniquement au pied du mur, qui ne le font jamais en amont, qui n’ont pas construit une vie autour du réseau et qui n’ont pas compris que la force du réseau, c’est « donner avant de recevoir »
  • Et enfin des matchers, ou des super connecteurs comme les appelle Malcolm Gladwell dans son ouvrage The Tipping Point. Des gens qui connaissent tout le monde, et qui n’ont pas forcément la force de frappe pour faire des affaires et signer des chèques, signer des contrats, mais qui savent mettre les bonnes personnes en relation.

Quand l’auteur du Figaro recommande de dire « OUI à tout le monde », c’est qu’il ne prend pas en compte la ressource la plus importante au monde : VOTRE TEMPS.

J’aime bien rappeler que nous possédons trois ressources essentielles :

  1. Notre santé, qui ne dépend pas toujours que de nous, ça va, ça vient, il y a le poids de l’environnement, le poids de l’hérédité, on ne contrôle pas toujours notre santé.
  2. Nos ressources financières : l’argent ça va, ça vient, c’est fait pour être fluide, c’est un moyen, pas un but, et on n’est jamais trop à l’abri des coups durs, on n’a pas toujours le contrôle dessus.
  3. Notre temps : c’est vraiment la seule ressource qui ne passe qu’une fois. Sorry, pas de réincarnation dans ma tête, quant au paradis, j’ai bien envie d’y croire, mais histoire d’assurer mes arrières, je vais tout faire pour vivre une vie heureuse sur terre, si ça ne vous dérange pas. Le temps est la seule ressource que vous maîtrisez pleinement, une fois vos heures de « travail » effectuées. A qui donnez-vous votre temps ? A Kim Kardashian ? A Plus Belle La Vie ? A Norman ? A un coach en séduction sur Youtube pour apprendre de nouvelles compétences sociales ? A une association caritative ? A vous former au trading pour un complément de revenu ? A votre famille, aux aînés ou à votre descendance ? Au yoga ou au sport ? A vos amis ?

Ou à nouer des liens avec de parfaits inconnus ? Attention, je ne dis pas que TOUS LES INCONNUS sont de la perte de temps.

J’aime bien ce proverbe irlandais qui dit qu’un étranger, « c’est un ami qu’on n’a pas encore rencontré ».

Les réseauteurs optimistes, ceux qui accordent leur temps à ceux qui leur en demandent ont une caractéristique en commun : du temps à perdre (ou à offrir, si on le présente mieux).

Et je dois avouer que plus jeune, j’ai « commis » cette erreur à de nombreuses reprises.

Moi aussi, j’ai cru qu’il fallait aider tout le monde, qu’il ne fallait pas rembarrer certaines personnes qui veulent parler business, j’ai cru longtemps qu’il fallait être très disponible pour les autres.

Pourquoi ? Parce que comme me le rappelait ce matin un ami « tu ne sais jamais ce que vont devenir ces personnes dans 5 ou 10 ans ». J’étais d’accord avec ça quand j’étais plus jeune et que j’avais plus de temps disponible. Je misais sur l’avenir, parce que javais le temps.

Je prenais le temps de faire une dizaine de RDV avec des inconnus, « cool de te connaître », « si j’entends parler de quelque chose, je pense à toi, je te fais signe etc… ».

J’étais OK pour rendre des services, envoyer des ascenseurs, passer du temps avec des personnes qui, je me disais, me renverraient l’ascenseur un jour. Je fus certes parfois déçu, mais de temps à autre l’investissement en temps fut converti en deniers, en bonne surprise, en rencontres incroyables, en belles expériences.

Mais aujourd’hui la situation a changé. J’écris en ce moment un bouquin sur le time management, la maîtrise, la gestion du temps.

La vie s’écoule, minute après minute. Et à la fin, c’est la mort. Cette posture philosophique impacte toutes mes décisions.

Pas de second life. Un seul essai.

Pas de temps pour Kim Kardashian ni les Anges de la télé réalité. Pas le temps de regarder les infos néfastes et anxiogènes : je me concentre sur ce qui compte et me fait du bien.

Pas le temps pour des opérations blogueurs qui ne m’intéressent que moyennement, désormais je sélectionne vraiment ce que je fais et les sujets sur lesquels j’écris.

Désormais, je ne prends plus le temps de voir les « professionnels » qui « pourraient » avoir quelque chose à me proposer.

Je l’ai appris à mes dépens : quelqu’un qui n’arrive pas à être clair par mail, c’est de l’arnaque, c’est un « taker ».

Un exemple dans cet article pour apprendre à dire non aux colds mails mal formulés.

Alors que je suis dans une phase de ma vie où je manque de temps, cruellement, j’ai décidé d’opter pour du réseautage ciblé. Je sais qui je veux rencontrer, je connais les intitulés des postes des personnes que je dois rencontrer, et je sais ce que je dois leur dire pour les intéresser un minimum, je n’arrive jamais les mains vides.

Bien sûr, il y a toujours des rencontres géniales et imprévues, comme cette coach en séduction qui était assise à côté de moi sur le Marrakech-Paris l’autre jour.

Bien sûr, des amis, des connaissances vous mettront toujours en relation avec des personnes qui ont besoin de vos conseils.

Mais si vous pouvez traiter ça en 5 minutes par mail, pourquoi perdriez-vous une heure de votre précieux temps ?

Deux conseils pour réseauter efficacement sans perdre votre temps

  • Si vous êtes demandeur : venez avec des questions, venez avec le sourire, et demandez toujours à l’interlocuteur comment vous pourriez l’aider, même si c’est vous qui venez chercher de l’aide à la base. C’est le principe de réciprocité qui joue à bloc : ne soyez pas juste « taker », personne n’aime les profiteurs.
  • Si vous êtes celui dont on demande le temps : assurez-vous de pouvoir en retirer quelque chose. Assurez-vous que la demande de l’autre soit claire, que vous ayez vraiment un intérêt à vous voir. Rien de pire que de passer 30 minutes à 1 heure avec quelqu’un qui est à côté de la plaque et veut vous proposer d’intégrer son réseau de ventes pyramidales…

C’est donc un grand non pour le titre de l’article du Figaro (d’ailleurs, il faut reconnaître que le contenu est un peu plus nuancé que ce titre outrancier).

Non, vous n’êtes pas obligé de rencontrer tout le monde. Surtout pas quelqu’un qui est incapable de vous expliquer pourquoi, ça sent l’arnaque et le temps perdu…

Et gardez bien en tête cette phrase qu’on s’envoie en permanence avec ma meilleure amie : « TES priorités ne sont PAS MES priorités ! »

Sélim, heureux de rencontrer des gens cools, drôles, ambitieux, passionnés, curieux !

A très vite !

3 comments on “Pourquoi Vous Devriez Répondre « NON » Quand On Veut Vous Rencontrer”

  1. Tu rigoles ? Ton projet était génial ! Et je ne suis pas le seul à le dire, c’est 1000 barbus qui te le disent !
    Take care Olivier !

  2. Et quid du temps que tu passes à lutter contre le temps qui passe ? 🙂

    Ton point de vue est intéressant, mais je continue de penser qu’il ne peut fonctionner que dans un monde « en paix ». (Que se passera-t-il, pour toi, en cas de guerre civile, guerre mondiale, disparition d’internet ? Quels sentiments intimes te traverseront à ce moment-là ? Quel sera l’état de Ton Monde et de Tes relations ?) Je continue à percevoir le fait que tu ne tentes d’exister / que tu n’existes qu’au travers de ton travail (et ton réseau) et que ton estime de toi (ou ta vie) repose entièrement dessus. Il y a, en outre, dans ta posture, toute une démarche calculée, non spontanée, assez inhumaine. (Tu peux aussi te demander quelles angoisses profondes cela révèle ?) Il n’y a aucun reproche dans mon propos, juste une tentative d’apporter un autre regard pour nourrir tes réflexions (et tu n’es pas obligé de répondre publiquement). J’ai longtemps été dans une course en avant similaire, et puis j’ai levé le pied. Le monde ne s’est pas écroulé, mais j’ai gagné en sérénité.

    Bref. A mon sens, le point de vue exposé dans cet article est à garder en tête pour ses prises de décisions, mais je pense que le piège est de systématiser cela au quotidien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *