La stratégie de la femme invisible

« L’ignorance c’est le nerf de la guerre ». MC Solaar. Vendredi, c’est récit de filles, pour nous préparer au week-end.

J’ai choisi pour vous la non-histoire d’Elsa, comme elle le dit si bien. C’est un peu déstabilisant, et diablement dur à mettre en pratique quand on a l’habitude de parler à tout le monde et qu’on est en phase de « recherche active », comme on dit chez Paul Emploi. Néanmois, c’est une stratégie redoutable qu’il vous faudra tester un jour ou l’autre. Peut-on ignorer une femme pour la séduire de manière durable ? Éléments de réponse.

« Quand j’ai aperçu Pablo, il était environ 2h30 à un bar de la plage; les speakers ne parvenaient qu’avec peine à couvrir le cri des vagues de leur son faiblard et je me sentais légèrement désabusée, comme déçue de cette nuit sans épaisseur.

Comment m’a-t-il séduite ? Il ne l’a justement jamais entrepris. Du moins c’est ce que j’ai cru.

Je ne suis attirée que par les hommes indifférents. Si vous avez jeté votre dévolu sur la féline femelle trop habituée aux coups d’œil si avides que discrets des mâles, vous n’avez pas d’autre option : afficher l’indifférence. Arrière séducteurs auto bronzés et autres danseurs-de-salsa-caliente, nous aimons le challenge.

Ce qui m’a plu chez lui ? Son naturel à toute épreuve ? Son humour tonitruant ? De gros arguments physiques ? Que nenni. Il m’a simplement ignorée, moi et mes minauderies. Tout en se montrant si cool.

Le principe de mon histoire est donc qu’il n’y a pas d’histoire, pas de premier rendez-vous, de parcours amoureux, de petits textos convenus. Pour moi, la force d’un garçon réside dans le fait de parvenir à me faire croire que je ne l’intéresse pas.  Le véritable art de la séduction s’exprime lorsque je me mets à penser « mais il veut vraiment qu’on reste amis ou quoi ? »

Je me permettrais toutefois une mise en garde : lorsque vous la sentez prise au piège, ne tardez pas à la cueillir, ou elle pourrait bien, dans son impatience, finir par vous confondre à juste titre avec son meilleur ami gay!  »

L’analyse du coach : notre piégée du jour est représentative d’un type de fille que j’adore. Les malades mentales narcissiques qui aiment se faire du mal. Leur problème, c’est qu’elles vont avoir du mal à distinguer le gars qui s’en fout vraiment, et celui qui va feindre l’indifférence.

Il m’est arrivée une (més)aventure de ce style-là. La fille avait commencé notre relation six mois avant moi. Mais sans me le dire, pour que ce soit plus drôle. Du coup, l’investissement n’était pas du tout le même d’un côté et de l’autre. Notre première fois venait clôturer six mois de films dans sa tête, représentait un vrai aboutissement pour elle. Vous l’imaginez, j’avais investi beaucoup moins qu’elle émotionnellement, d’où l’incompréhension quand je lui ai dit que je ne ressentais rien. Je ne feignais pas l’indifférence, je ne l’avais tout simplement pas remarquée. Quand elle m’a raconté tout ça, j’ai repensé à la fille qui envoie des lettres à Sean Bateman dans « Les lois de l’attraction« …

Revenons à l’article d’Elsa. Très grande pertinence de sa dernière phrase « ne tardez pas à la cueillir ». Avec une fille qui fonctionne un peu au défi (« quoi, je ne lui plais pas ? mais il a de la merde dans les yeux ou quoi ? il va voir ce qu’il va voir ! ») et beaucoup à l’égo (« mais c’est impossible qu’il ne me voie pas ! je l’aurai, un jour, je l’aurai »), l’étape de cueillette doit avoir lieu à un moment où elle est irrationnelle, à un moment où ses émotions la gouvernent. A trop attendre, vous lui donnez la possibilité de reprendre ses esprits. Et de se rendre compte que vous jouez avec elle. Mais un vrai gentleman célibataire du Piège à Filles ne ferait pas ça, non ?

Elsa m’a donné envie de finir sur du Ronsard. « Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain : Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie. » Bon week-end à tous !

Le combat des femmes invisibles : Jessica Alba vs Julie Depardieu.
Forme qui refuse de partir. WordPress c’est bizarre parfois.

6 comments on “La stratégie de la femme invisible”

  1. « …l’étape de cueillette doit avoir lieu à un moment où elle est irrationnelle, à un moment où ses émotions la gouvernent. A trop attendre, vous lui donnez la possibilité de reprendre ses esprits. »

    Je me permets encore une fois de rebondir sur ce que vous écrivez (et rassurez-vous, humour et curiosité sont bien au rendez-vous!): je vois de moins en moins la cohérence entre le leit-motiv du ‘PAF!’ – la séduction durable – et les articles que vous mettez en ligne.
    J’ai bien compris que la vocation du blog était quelque peu différente de celle du site en général (ce que vous expliquez fort bien dans votre premier post), mais les conseils que vous donnez ici par exemple – grosso modo jouer sur la propension de certaines femmes à se laisser gouverner par leur amour propre – sont quelque peu étonnants pour un homme qui se dit gentleman.
    L’approche est évidemment moins brute de décoffrage, mais tout aussi élégante que la pêche au gros sur Facebook.
    C’est de bonne guerre, certes, mais cette honnêteté a quelque chose de cynique (et le cynisme, en séduction…).

    (vous l’aurez compris, le phénomène sociologique que représente votre entreprise m’interpelle, et ma critique n’est pas gratuite – « je cherche à comprendre »)

  2. Merci Giovanna pour ces questions et critiques !
    L’article de mardi devrait contribuer à clarifier certains points, je l’espère.

    Pour répondre spécifiquement à vos remarques présentes : il n’y a rien de cynique à « cueillir » une femme qui « s’offre ».
    La plupart des hommes opteront pour le raisonnement suivant : OK, elle risque de ne pas être complètement satisfaite si je profite de ce moment, mais elle risque de se vexer et d’être blessée si je la repousse.

    Exemple vécu : et si par malheur, un homme venait à passer la nuit dans le lit d’une femme sans rien tenter, le lendemain cette même femme m’appellerait pour m’expliquer son désarroi face à l’inaction de cet homme. Elle ne pense pas aux motivations du damoiseau, mais uniquement au fait de ne pas avoir été désirée complètement, et désire savoir ce qui cloche chez elle…

    Affaire à suivre !

  3. Ma foi, je ne peux que m’incliner devant le brio avec lequel vous parvenez à éluder élégamment mes remarques tout en prenant la peine d’y répondre quand même mon cher!
    Je pense en effet qu’il existe une légère nuance entre une femme qui « s’offre » et une femme qui se laisse malencontreusement cueillir « au moment où ses émotions la gouvernent », mais soit, je comprends parfaitement que le résultat diffère peu (les moyens, la fin, la fin, les moyens? Le débat reste ouvert!), et qu’en séduction, le pragmatisme soit le nerf de la guerre! (« Je ne vous lance pas la pierre, Pierre »).
    J’admire cependant la manière dont vous tentez, il est vrai avec une certaine finesse, de justifier l’acte « cueillette » par une incursion aussi soudaine que fulgurante dans la psyché féminine (« OK, elle risque de ne pas être complètement satisfaite etc… ») – une délicate attention.
    Soyons francs: pensez-vous sincèrement que lorsqu’un homme passe la nuit dans le lit d’une femme, le fait qu’il passe ou non à l’action soit motivé par une analyse attentive et altruiste des désirs et/ou sentiments de sa (possible) partenaire?
    (rassurez-vous, les femmes non plus, mais nous ne nous prétendons pas plus royalistes que le Roi!)

    Je vous prie par ailleurs de m’excuser si ma réponse a quelque de rébarbatif, mais j’avoue n’avoir pas trouvé la clarté espérée dans les articles du mardi – Mlle Larissa Riquelme est toute à fait charmante, mais entre elle et cet article fort étonnant sur le rouge, je ne savais plus trop à quel sein (saint? le « PAF! » me semble de moins en moins en odeur de sainteté) me vouer…

  4. « Les malades mentales narcissiques » ne me semblent pas être un phénomène typiquement féminin… D’autre part, il me semble assez convenu que « l’ignorance » est une technique (ou pas) qui fonctionne à merveille pour attirer l’attention de l’autre…

    Reste que je suis assez d’accord avec Giovanna mais que j’aurais besoin d’une petite éclaircie sur un point : mieux vaut coucher avec une femme pour lui faire plaisir (quel sens du sacrifice !) que de ne rien faire au risque de la vexer ?

  5. C’est une vraie question que nous nous posons au quotidien. Et sur laquelle nous reviendrons très prochainement.
    Je pourrai commencer l’article par « Previously on PAF » ?

  6. LOL !!! Et hop, encore une pirouette… Quel teaseur !!! On attend l’article avec impatience…
    De mon côté, je vais continuer de vexer les hommes. Plus sympa que de profiter d’eux et de ne pas les rappeler 😉

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