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Hip-Hop, Du Bronx Aux Rues Arabes : dernier jour !

Aller voir une exposition lors de ses derniers jours, c’est toujours une connerie : c’est la cohue, comme au début. Mais j’avais noté cette exposition à l’Institut du Monde Arabe depuis longtemps sur mon agenda, et elle n’allait pas m’attendre.

Bonus : si vous y allez aujourd’hui, le dernier jour, le 25/07/2015, vous pourrez rester tard le soir et assister à un concert de hop-hop (c’est écrit ainsi sur l’affiche devant les caisses), avec notamment Pusha-T, DISIZ et Vald. De la naissance du hip-hop en 1973 à 2015, plongée dans l’univers des DJ, Breakers, B-Boys, Graffeurs, Beatbox : jusqu’au bout, Art de rue. Mais avec ses lettres de noblesse, dans une exposition, madame.

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J’ai découvert le hip-hop en 1994 avec IAM, sur « Je danse le Mia ». Et pardon au super rappeur belge, le premier rappeur francophone comme il me l’a rappelé dans le Cancun-Bruxelles. Pardon Benny B (voir photo ci-dessous). Ma vraie découverte du rap, c’est aux Marseillais que je la dois.

Benny B rappeur francophone

Suivent 1995-1996. La Haine en 1995, bientôt ma 6-T va Crack-er, Solaar, Nas, NTM, IAM toujours. Warren G, Snoop et Puff Daddy pleurant la mort de Biggie. Avant la déferlante du Secteur Ä en 1997-1998(sous-représenté à mon sens dans cette exposition) et la commercialisation du meilleur album de rap français de l’Histoire : Première Consultation de Doc Gynéco.

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Naissance du mouvement hip-hop dans le Bronx

Une carte géographique sur le mur : le Bronx, encore plus au Nord que Harlem, encore plus chaud ? C’est là-bas que naissent les battles et les block parties entre Kool Herc et Afrikaa Bambaataa.

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En France, le mouvement hip-hop ne débarque qu’aux débuts des années 80 avec la célèbre émission que les anciens citent toujours en référence. H.I.P.H.O.P, animée par Sidney sur TF1 en 1984? Sidney est alors le premier animateur noir de la télévision française.

Tout le monde, tous ceux qui comptent passent sur l’antenne pour rapper ou danser. Sugarhill Gang, Kurtis Blow, Afrika Bambaataa, Herbie Hancock, The Breaks, The Tribe, The Art Of Noise, même Madonna était venue y interpréter « Holiday »! Et on y trouve aussi les premières apparitions de Joey Starr. Sur certaines photos, on dirait vraiment des enfants. Parce que c’était des enfants, un peu comme quand 1995 a débarqué il y a quelques années, avec leurs têtes de poupons…

Kool-Shen-Hip-Hop
Kool Shen a-t-il seulement l’âge de boire de l’alcool à cette époque ?

Une des parties les plus intéressantes de l’exposition : la collection personnelle de vinyles du DJ hip-hop Afrika Bambaataa, leader de la Zulu Nation. Plus de 35000 références, et chaque vinyle soigneusement numéroté (je faisais pareil avec mes CD à partir de 1994, pour ne pas les perdre pendant les boums. Ouais ouais…)

Et déjà le croisement des influences : Bambataa n’avait qu’une seule exigence pour faire danser la foule, le meilleur. Pas étonnant de trouver du Kraftwerk jusque dans le Bronx. Tous les arts du hip-hop trouvent leur place dans l’exposition de l’Institut du Monde Arabe, à vous de choisir l’endroit où vous voulez passer le plus de temps !

Afrika Bambaataa hip Hop

L’exposition se poursuit avec la diffusion du rap dans le monde arabe, souvent en anglais et français au début, avant de se mettre au rap en arabe. La deuxième salle régalera les apprentis DJ, avec une vidéo sur écran géant pour apprendre le pass-pass et le scratch !

Hip-hop et monde arabe, les influences mutuelles

Parce qu’il fallait bien que l’exposition ait un sens, la fin est orientée monde arabe et Moyen-Orient. Comment et pourquoi le rap vit et se développe de l’Algérie à la Syrie, en passant par le Liban et la Tunisie. Comment Timbaland s’inspire pour Aaliyah de sons arabes pour son sampling (et plus tard de sons indiens, mais c’est une autre histoire).

Visuellement, c’est une belle exposition qui bouge dans tous les sens, on a envie de tout voir, tout écouter, tout savoir, tout revivre. Un mur de sneakers nous rappelle pourquoi on dit sneakers et pas baskets. Des clips nous permettent de nous replonger dans « Tonton du Bled » de 113. Un mur graffé vous incite à prendre un selfie du ghetto.

C’est une chouette exposition pour tous ceux qui ont été hip-hop dans leur vie, à un moment ou à un autre. Et qui seront contents de voir des mixtapes d’époque de Cut Killer, du matos ayant appartenu à DJ Abdel, qui se marreront devant le clip de « Je danse le mia ».

Groove is in the heart, bisous à tous et bon dimanche ! Je ne serai évidemment pas au concert ce soir : je déteste la foule, la drogue. Le hip-hop, le rap en général, ça a toujours été pour moi une source d’inspiration pour les bons mots, pour les vannes, pour l’art de la punchline, pour le dépassement de soi niveau sportif chez les breakdancers. Mais la fosse : c’est pas ma guerre…

Institut du monde Arabe Hip Hop

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Sélim, From Paris with love

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