Les Cireurs Parisiens

Les Cireurs Parisiens : Redonnez Vie A Vos Souliers Avec La Patine !

Les cireurs parisiens ? Ils sont responsables du brillant de mes chaussures ! Si j’aime bien entretenir mes souliers tout seul le dimanche après-midi, pour être impeccable pour la semaine à venir, je fais parfois appel au talent et au travail de Romain, le fondateur des Cireurs Parisiens.

Dans cette courte interview, on va parler de patine, de cirage de pompes et de cuir !

Hello Romain ! Tu peux nous raconter un peu qui tu es ? C’est quoi ton job, en fait ?

Hello Sélim, j’ai 22 ans et je suis spécialiste dans le domaine du cuir, du moins plus précisément dans l’entretien, la rénovation et la patine du cuir.

J’aime dire pour rigoler que je cire des pompes !

Ce n’est pas 100% de mon activité puisque mon travail consiste en une part à restaurer et entretenir des articles en cuir principalement des chaussures, mais aussi des sacs, maroquinerie etc ou même des objets plus originaux ou volumineux, style canapé, fauteuil, selles de moto.. Enfin tout un tas de trucs en cuir !

L’autre part de mon activité chez les Cireurs Parisiens consiste à patiner les articles en cuir.

C’est un phénomène très en vogue en ce moment. Ça consiste à personnaliser l’article en cuir en fonction du choix et des goûts du client.

De changer la couleur, de dessiner quelque chose…

En fait le cuir devient un support d’expression créative, comme si c’était une feuille blanche et le but est d’en faire quelque chose d’unique et de personnel pour la personne qui est propriétaire de cet objet.

Les cireurs parisiens en action

Pourquoi as-tu décidé de devenir cireur de chaussures ? C’est une vocation ? C’est une découverte tardive ?

A vrai dire, le travail du cuir m’est un peu tombé dessus par hasard, mais il est certain que j’avais vocation à travailler avec mes mains.

En fait, je suis passionné par le travail des mains, les arts manuels.

Ce sont des métiers qu’on doit faire avec le cœur, les mains deviennent alors l’instrument permettant de retranscrire cette sensibilité et cette personnalité.

C’est la raison pour laquelle j’adore voir un artisan travailler une matière avec ses mains, il lui donne une âme, il la sublime. On en apprend beaucoup sur l’homme, quand on voit le travail de ses mains.

Au départ, j’ai une formation de cuisinier, suite à plusieurs péripéties je décide d’arrêter et c’est à ce moment-là que j’ai rencontré celui qui m’a tout appris.

Etant donné qu’il n’y a pas d’écoles pour ces métiers, on ne peut être formé que par la transmission d’un savoir.

Donc c’est lui qui m’a transmis toutes les bases et c’est à ce moment que j’ai su que c’était ce que je voulais faire.

Comment devient-on l’homme qui rénove les souliers des avocats et des businessmen des Champs Elysées ?

On le devient par le plus grand des hasards !
J’ai eu la chance de pouvoir avoir mon petit atelier en plein cœur du Triangle d’or et la chance donc de voir défiler ce genre de clientèle, et puis au fil des discussions, je propose à certains associés de grands cabinets parisiens d’éventuellement mettre en place ce service au sein de leurs cabinets.

Et de fil en aiguille, les choses se sont faites naturellement.

Quelles sont les plus belles chaussures qu’un client t’a confiées ?

C’est une bonne question, il est difficile d’en sortir qu’une seule du lot, mais je dirais certaines paires de souliers réalisées sur-mesure par des Bottiers reconnus. C’est quelque chose !

Et les pires ? Ça t’arrive de refuser des souliers parfois ?

C’est une bonne question aussi ! Il m’arrive d’accueillir des paires dans un triste état mais jamais d’en refuser.

Au contraire, c’est plutôt un challenge, je me dis que je vais essayer de surprendre le client, qu’il ne puisse pas reconnaître ses souliers. C’est toujours gratifiant de voir la réaction d’un client agréablement surpris du travail réalisé.

Ta spécialité dans le travail du cuir ? Ce que tu préfères faire ?

Je n’ai pas vraiment de spécialité, ou de choses que je préfère faire. Mais en ce moment, je me suis lancé dans la Stan Smith patinée, c’est assez long et minutieux, mais c’est vraiment sympa à faire et le résultat est plutôt cool.

La patine lui donne un aspect plus habillée qui casse un peu le côté streetwear et en fait une paire plus polyvalente. J’ai des clients qui les portent aisément avec un costume pour le boulot.

Trois recommandations, des modèles que tu conseillerais à nos lecteurs ?

En entrée de gamme, je dirais Meermin, avec une offre qui commence à 150/160€. On s’offre alors un beau soulier, qui tient la route, belle peausserie, forme travaillée et modèles très sympas.

C’est pas une maison hyper connue parce qu’ils n’ont pas de boutique en France et c’est justement le hic, parce qu’on peut les acheter uniquement sur internet pour le moment, mais il existe une solution, il suffit de se rendre à la boutique Carmina (près d’Opéra), qui n’est d’autre que la grande sœur de Meermin (c’est en fait la même maison, Carmina est le haut de gamme de Meermin), qui sauront vous guider.

Et puis les retours et échanges sont très simples. Pour celui qui souhaite s’offrir sa première paire ou agrandir sa collection avec une belle paire, mais qui n’a pas ou ne souhaite pas dépenser beaucoup d’argent, c’est l’idéal.

Ensuite, je dirais Septième Largeur, une gamme qui démarre à 245€ jusqu’à 325€ environ. C’est une maison parisienne qui à 3 boutiques à Paris. Fabrication espagnole et peausserie de qualité, les modèles vont du classique au plus original avec des formes là aussi réussies avec des finitions haut de gamme (cousu sous gravure, cambrion pincé…). C’est un super rapport qualité/prix.

Dans une gamme un peu plus élevée je pense à Crockett and Jones, emblématique maison anglaise. Comptez 450 à 500 € en entrée de gamme pour la gamme normale et 600 à 650 € pour la gamme « Hand-Grade » qui possède en fait des finitions plus travaillées et des peausseries d’encore meilleure qualité. Dans tous les cas, si vous souhaitez vous faire plaisir avec une paire intemporelle, de très haute qualité et bien finie, vous savez ce qu’il reste à faire.

Il existe des gammes encore plus haute avec des prix aussi plus élevés, justifiés ou non, mais je pense qu’avec ces trois maisons, il y a déjà de quoi se faire plaisir.

Si vous êtes curieux, n’hésitez pas à visiter les sites des maisons comme Corthay, Gaziano & Girling, John Lobb ou encore Aubercy, qui symbolisent un vrai savoir-faire bottier.

Et pour tous ceux qui n’ont pas les moyens de te confier leurs chaussures, que peuvent-ils faire pour l’entretien à la maison ? (Les gestes qui sauvent, la fréquence du cirage etc…)

Les 3 points primordiaux pour garder vos souliers longtemps et en bon état c’est :

Tout d’abord d’avoir une paire d’embauchoirs (en bois brut – non verni -) dans chaque paire de soulies, c’est 80% de l’entretien.

Il permet de garder la forme, d’éviter les plis de marches trop prononcés qui déforment le soulier et qui est disgracieux, et surtout d’absorber la transpiration après une journée de port.

En réalité, c’est l’acidité de la transpiration qui brûle le cuir à l’intérieur du soulier et qui le déforme et l’abîme prématurément.

Glissez donc vos embauchoirs dans vos souliers, immédiatement après que vous vous soyez déchaussé, ça permettra au cuir de sécher sur sa forme et de ne pas se déformer.

Ensuite, ne pas porter ses souliers tous les jours, il est important de leur laisser au moins 24h pour se reposer.

Et puis cirer ses souliers régulièrement, à savoir toutes les 6 à 7 portées dans l’idéal. Pour un entretien complet il faut du lait nettoyant, une crème pour le cuir, pas d’incolore, préférez une couleur proche de la couleur de votre paire de souliers ou un ton au dessus, aucune crainte, les produits sont assez pigmentés pour restaurer la couleur mais jamais assez pour la changer. Et enfin du cirage. Appliquez dans cet ordre avec un vieux t-shirt, une chamoisine ou autre chose à condition que ce soit du coton doux et brossez avec une brosse en crin de cheval à la fin.

Dernier petit point, si jamais il pleut et que vos souliers prennent l’eau, lorsque vous rentrez, mettez les embauchoirs immédiatement et laissez sécher sur la tranche (sur le côté, la semelle à l’air libre) pendant 24 à 48h, surtout loin d’un radiateur ou autre objet dégageant de la chaleur. L’embauchoir absorbera l’eau et évitera à l’eau de s’infiltrer dans le cuir et faire des auréoles ainsi que des traces blanches de sel. Une fois la paire complètement sèche, cirez vos souliers.

Est-ce que certaines personnes offrent parfois un passage chez les cireurs parisiens ? Ça se fait ? C’est un cadeau possible ?

Oui tout à fait, ça arrive. On n’y pense pas forcément, mais ceux qui ont un proche qui aime les (beaux) souliers, offrir un cirage avec un beau glaçage fonctionne à coup sûr.

Est-ce que ça t’aide avec les femmes, de cirer les pompes des autres hommes ? Est-ce que ça aide d’une manière générale, de travailler dans la mode ?

Je ne sais pas vraiment si je peux dire que ça aide, mais ce qui est certain, c’est que les femmes sont souvent sensibles à la beauté et s’intéressent, elles posent souvent des questions. Ce qui peut être de bon augure pour entamer une éventuelle conversation !

Est-ce que tu dirais à nos lecteurs que de belles chaussures, c’est un atout séduction pour un homme ?

A coup sûr, OUI ! Complètement !

Je crois que beaucoup d’hommes ne se rendent pas compte à quel point les femmes sont sensibles à ça.

Lorsque je croise des femmes à l’atelier, il y en a au moins une sur deux qui me disent que c’est quelque chose qu’elles regardent chez un homme, que c’est un détail très important pour elle, ou encore que ça en dit beaucoup sur la manière dont l’homme prend soin de lui.

Je crois qu’il y a pas mal d’hommes (et j’en fais partie), qui sont sensibles à une femme qui a les mains et les pieds soignés, le vernis ou les ongles entretenus.

Et bien c’est la même chose pour les femmes, si je devais imager cela, je dirai que des souliers mal entretenus, mal cirés, correspondent à des ongles sales ou un vernis complètement écaillés sur les ongles d’une femme. Ce n’est pas très attirant.

Mieux vaut une tenue plus décontractée avec une paire de souliers bien cirée, plutôt qu’un beau costume avec une paire en mauvais état.

Messieurs, ne sous-estimez pas le pouvoir d’un beau soulier bien entretenu, c’est une vraie arme de séduction! En tout cas, ça fera la différence avec le type à coté de vous 😉

Retrouvez le travail de Romain et des cireurs parisiens sur le compte Instagram de la marque (Les Cireurs Parisiens)
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Les Cireurs Parisiens, (chez Gentlemen 1919)
11 rue Jean Mermoz
75008 PARIS

patine des cireurs parisiens

Pour approfondir vos connaissances sur la patine, je vous recommande aussi ce bon article de Benoît Wojtenka, fondateur de Bonne Gueule.

Sélim, fan du travail de patine de Romain !