Festival de Cannes 2017

Cannes 2017 : Guide Posthume pour Voyageurs Dans le Temps

Le Festival de Cannes continue de nous faire rêver. Et cette année encore, c’est depuis Paris que j’ai suivi l’actualité de la Croisette, notamment grâce à Laurie Cholewa… et à mon associé sur place, qui vécut la belle vie à ma place et anima mon compte Instagram pendant 4 jours !

Il vous guide à travers les nuits cannoises, les journées aussi, et vous donne tous les bons plans pour vivre une bonne quinzaine avec le tout Paris délocalisé pour la 70ème édition du Festival International du Film !

Tout comme j’ai cédé mon compte Instagram pendant 5 jours à mon associé, je lui cède aujourd’hui les colonnes du blog pour qu’il nous raconte tout ce qu’on a raté à Cannes 2017 !

J’avais 15 ans, j’avais mis mon sac Jansport sur mon épaule parce que j’avais pas eu droit à un Eastpak et j’étais descendu de mon lycée pour voir Akhenaton, Shurikn et Freeman présenter « Comme un aimant » à Nulle Part Ailleurs, à l’époque avec Nagui.

On avait attendu des heures, loin derrière les barrières, pour assister à l’émission. J’avais eu droit à un autographe de Shurikn sur une feuille de brouillon du DS de maths de la veille.

Dix-sept ans plus tard, j’ai troqué le survet Tacchini (le même que dans Demain C’est Loin) pour le nœud pap et écouter une heure de ces mecs qui n’ont pas vieilli. A moins d’un mètre et cocktail à la main. Only in Cannes.

Le Festival International du Film de Cannes offre tous les ans l’occasion de réviser une des nombreuses figures de style de la langue française : la métonymie.

Plus celle-ci est elliptique, plus on montre sa proximité snob avec l’événement.

C’est « Cannes », « le FIF » ou tout simplement « Le Festival », mais jamais son nom complet, qui ne sent pas assez la guestlist ou l’accred’.

Quiconque vous demanderait « quel festival » comme ça m’arrive tous les ans au bureau est catalogué « out » immédiatement. « L’effet Cannes », aurait dit Odile Deray.

Ainsi, au mois de mai, on « descend » sur « la Côte » (évidemment pas celle d’Opale) pour « le Festival » (clairement pas les Vieilles Charrues).

Origines, sexes, nationalités sont confisqués, et chacun devient « un festivalier ».
Et si le cinéma est la raison _ le prétexte _ de toute cette agitation, le Festival transforme une petite ville côtière en un méga-village planétaire.

Réussir son FIF, c’est avant tout gérer ses déplacements.

Les prix des trains et des avions sont bien sûr indexés sur la très forte demande.

Alors comme les dates sont connues dès l’année précédente, mieux vaut s’y prendre à l’avance. Sinon, compter 200 à 250€ pour un A/R sur Air France, avec une navette toutes les demi-heures.

Mais votre problématique transports est loin d’être réglée.

Evidemment, vous ne dormez pas sur la Croisette à moins d’être un acteur hollywoodien et vous n’avez pas déboursé les 20K€ pour la moindre chambre de palace (qui, petite subtilité festivalière, ne se loue qu’à la quinzaine), et donc vous devez d’abord penser à faire le trajet vers le centre névralgique.

Une fois sur place, se téléporter d’une soirée à une autre, d’une conférence de presse à un photo-call, d’un cocktail gratuit à un autre cocktail gratuit, le long des 2,5km de la Croisette où (presque) tout se passe demande expérience, logistique et endurance.

On peut presque tout faire à pieds, moins facile en smoking ou en robe de soirée, qu’en tenue faussement décontractée l’après-midi.

Les taxis et VTC ont bien flairé le coup et vous transporteront moyennant quelques euros majorés. Les loueurs de scooter et autre mini-véhicules électriques s’enrichissent aussi sur le dos de votre fainéantise ou de votre manque de confiance en vos glandes sudoripares.

Pour les plus fortunés et les plus flambeurs, Uber propose depuis quelques années un service baptisé Ubercopter dont je vous épargne la description.

Ça ne vous aidera par contre pas beaucoup à Cannes-même puisque les quelques hélicos font juste la rotation Monaco – Aéroport de Nice – Pointe Croisette.

Si vous êtes milliardaire et que vous lisez cet article, sachez d’une part que j’accepte toutes les devises sans râler sur la provenance et d’autre part que jeter l’ancre de votre yacht en baie de Cannes ne vous coûtera rien.

Ah bon ? Y avait des films ? Comment monter les marches comme un vrai mec connu

Comme je vous le disais en introduction, le cinéma est un très beau prétexte pour tout le cirque cannois.

Néanmoins, on fait les choses plutôt bien à Cannes et il y a vraiment des films ! Plein même !

Outre le FIF et sa sélection officielle, son jury invariablement présidé par un vieux réalisateur autrefois à la mode (Pedro Almodovar cette année) et composé d’un ou deux cinéastes sûrement talentueux mais inconnus, une actrice chinoise, un français ou une française et une ou deux stars hollywoodiennes (le mec de Men In Black et Jessica Chastain pour 2017), de nombreuses projections et compétitions rythment la quinzaine : « Un certain regard », « La quinzaine des réalisateurs », etc…

Sous le Palais, pendant toute la durée du Festival, se négocient des films du monde entier au Marché du Film.

Énormément de navets du genre Sharknado 8 (le rôle qui va enfin révéler Tara Reid) ou des films muets tchétchènes, mais tous les professionnels sont là pour dénicher quelque chose. Si vous avez la chance d’obtenir une accréditation, le spectacle est assez fascinant.

La graal de tout bon festivalier demeure une belle montée des Marches sous fond de ciel bleu et soleil couchant. Les selfies sont interdits depuis un petit moment mais tout le monde semble passer outre.

Contrairement à la croyance populaire, il n’est pas nécessaire d’être une star pour faire une montée des Marches en bonne et due forme. Il vous suffit d’obtenir une invitation pour la projection, d’enfiler un smoking ou une robe de soirée et… c’est tout.

Un costume noir avec une chemise blanche et un nœud papillon noir suffit à créer l’illusion. Attention, noir c’est noir (courage Johnny), tout autre couleur ou une cravate vous interdira l’accès.

Et pour obtenir la fameuse invitation, ce n’est pas si compliqué.

Elles sont distribuées à tort et à travers et les pipeaux sont nombreux pour en obtenir.

Un mail au sujet d’une vague thèse d’étudiant en cinéma, le moindre contact dans une maison de prod, ou séduire quelqu’un qui paie ses impôts à Cannes, mais attention, une invitation se demande longtemps à l’avance.

Et sans succès, il reste la bonne vieille méthode cannoise, se pointer une heure avant la projection devant le Palais, smoking pimpant et sourire de sortie, pancarte « 1 extra ticket please ? » à la main. Ça marche. Parfois.

Y avait des soirées. Pas que le soir.

Ne nous en cachons pas, peu de festivaliers vont vraiment voir des films.

Cette année par exemple, j’ai vu la bagatelle de un film, un long métrage chilien sur une meuf chiante. Bof.

Par contre, de nombreuses marques profitent de la visibilité de Cannes pour se montrer. Et pour briller à Cannes, il faut rivaliser d’inventivité. Souvent beaucoup moins bof ! Et rarement beauf.

Un immanquable cannois : les plages

La Croisette est à 90% composée de plages privées, souvent annexes des Palaces. Pendant le Festival, elles sont particulièrement mises en avant et réaménagées pour accueillir fêtes, conférences de presses, dîners, tout et n’importe quoi.

Certaines marques font le choix de s’établir sur ces plages : visibilité locale maximum (tous les badauds sur la Croisette peuvent voir), accessibilité intéressante mais depuis l’élection de Lisnard à la mairie il y a quelques années (attention, info de connaisseur), l’interdiction de faire le moindre bruit passé 2h a un peu cassé l’ambiance.

Nespresso et sa plage gastronome, Magnum et son ice cream bar ouvert à tous l’après-midi ont notamment pris ce parti.

Ambiance feutrée chez Nespresso, venue de grands chefs dont Pierre Gagnaire, cocktails à base des grands crus de la marque, et l’organisation des très courues soirées de la Quinzaine des Réalisateurs.

Chez Magnum, quelques soirées de films dont celui de Nicole Kidman, sans Nicole Kidman.

Quelques clubs bien connus, le Baoli et le Nikki Beach pour ne pas les citer, louent aussi à prix d’or leur petit coin de sable pour s’y implanter pendant 10 jours.

Ambiance russo-qatarie à grand renfort de jéro-matu-nabus de Dom Pé mais finalement pas si « Festival » que ça.

Plus fort que la plage, Schweppes a inventé il y a 10 ans maintenant son concept de villa, que la marque a tantôt décliné dans une vraie villa, tantôt sur un voilier géant en pleine mer, tantôt sur la plage tout de même, tantôt en club.

Cette année, la « Villa » était écartelée en deux lieux : une plage pour l’après-midi avec un line-up de DJs un peu hype dont Frédéric Beigbeder par exemple et un club le soir.

L’ambiance de la plage était franchement décevante, personne sur la piste, beaucoup de tables vides.

Cannes jusqu’à 6h du mat

Au club Villa Schweppes par contre, les très grands noms passés sur la scène et l’absence d’une vraie concurrence passé minuit ont fait grandir, grandir, grandir la queue pour entrer.

Au club « Les Marches » (l’ancien Jimmy’z dont le comptoir fut jadis arrosé par Serge Karamazov) se sont succédés des artistes qui ont forcément attiré les foules : Laurent Garnier, Yuksek, Kavinsky, Breakbot, Kungs.

Il fallait arriver tôt pour ne pas trop attendre à la porte, même en étant sur 15 guest lists différentes. La soirée la plus attendue, le concert d’IAM, avait pour moi la résonnance que vous savez.

Peu de vraie concurrence, c’est vrai en termes de soirées purement festivalières (entendez gratuites ET festives ET select mais pas trop). Mais nombreux sont les lieux ouverts tard le soir.

Quelques rooftops très sélect comme le Silencio délocalisé de Paris. Soirées très sages et musique basse, élégance et carnet d’adresses parisien obligatoires. Très joli, très classe, mais pas si cannois, et finalement un peu chiant.

Chopard avait investi le toit du Martinez pour sa très sélect Suite Chopard (si sélect qu’on était pas invité), tandis que la célèbre Albane était comme tous les ans sur le toit du « Palais Stéphanie », ou Marriott’s, ou Noga Hilton, etc.. (pareil, pas invité).

Certains clubs sortent l’artillerie lourde pour répondre à l’énorme demande des fêtards occasionnels venus toucher du doigt la magie du FIF ou permettre aux clients diurnes du Baoli et du Nikki de continuer à vider leur compte en banque.

« Too much money in the bank account, welcome to Saint Tropez », disaient des poètes. Et de Saint Tropez, nous ne sommes pas très loin. Mais avec un coefficient multiplicateur infini.

Que ce soit au Gotha où les soirées les plus classiques (Martin Solveig, Akon, A$AP Rocky) côtoyaient les plus WTF (Floyd Mayweather Money Team… toujours pas compris le concept), au VIP Room (très hip hop, et avouons-le, un poil m’as-tu vu…) ou encore au Baoli (version nuit), des milliers d’entrées, des dizaines de milliers de non-entrées et des millions de de pétro-dollars dépensés, dans un ballet party-business qui n’a finalement plus grand-chose à voir avec le cinéma.

Terrasses, rooftops et villa pour une expérience plus fine et choisie

Certaines marques choisissent quant à elles de communiquer dans des lieux plus exclusifs, comme des terrasses et roof tops de grands hôtels.

C’est le cas de Grey Goose qui avait choisi le toit du très tendance Five Seas pour lancer son Eté Bleu.

Carte by Akramé, cocktails créés spécialement, dont le gros cocktail Grey Goose de l’éte, le Grand Fizz, séance photo par Anthony Ghnassia, l’ambiance était dolce vitesque pile au milieu de la frénésie. Un petit Perchoir de calme au milieu de la tempête.

Certains lieux, encore plus secrets, rassemblaient influenceurs, jeunes artistes et stars en visites impromptues.

La Villa AH par exemple, AH pour Axel Huynh, cachée entre deux immeubles de la Croisette accueillait les festivaliers les plus introduits dans un intérieur créé par le maître des lieux, entre cocktails de la nouvelle vodka française Tigre Blanc et invités de marques. La mythique Emily Ratajkowski y est passée en toute simplicité, car Cannes c’est un peu ça aussi.

La villa Hemblem, un peu plus compliquée d’accès car sur les hauteurs de la ville, avait fait le pari de mettre une douzaine des plus gros influenceurs digitaux internationaux (du genre à 5M+ de followers instagram) sous le même toit pour permettre au monde entier d’être immergé dans la féérie cannoise.

Ambiance « privilégiés de ce Monde » avec piscine intérieure, vue sur toute la baie de Cannes, bar à cocktails par Sébastien Foulard, musique courtesy of Sony Music avec showcase des jeunes Lude et Trinix.

L’occasion aussi de lier l’utile à l’agréable et de mettre en avant des associations comme « 1 smile at a time » qui organisait un fund raiser pour les déplacés syriens.

RIP l’esprit Canal

Pendant des années, l’animation du Festival était assurée par la horde des comiques estampillés Canal + que la chaîne lâchait sur la Croisette avec pour mission de faire n’importe quoi.

On était bien loin du 7ème art mais il se passait toujours quelque chose et on guettait le rapport quotidien de leurs happenings plus ou moins réussis dans Nulle Part Ailleurs puis Le Grand Journal.

Mais le désengagement progressif de la chaîne nous a laissés orphelins de cette partie-là. Mais il y a bien plus grave !

Il nous a également laissés orphelins (comme la Marine) de la plus grosse soirée de l’année, la fameuse soirée Canal. Un vide que deux grosses machines ont décidé de combler cette année.

Orange d’abord, avec sa soirée vertigineuse organisée sur la Plage du Majestic, beaucoup d’invités, beaucoup de stars, le retour de Justice sur scène en France alors qu’ils n’y avaient plus joué depuis des années (octobre 2016 à l’Elysée Montmartre, c’est loin et Coachella 2017, c’est très loin) et malgré le set gênant de Cut Killer en toute fin de soirée quand de toute façon, Jean-Kevin Piper Heidsieck avait rincé le cerveau de toute le monde, cette soirée > ton anniversaire.

Et puis Chopard, partenaire éternel de l’évènement avait monté une structure temporaire (très temporaire, puisqu’elle n’aura servi qu’une fois) gigantesque pour accueillir la boum la plus démesurée de la quinzaine : Rihanna en freestyle contrôlé, Bruno Mars au micro mais un peu boudeur, sûrement pour une histoire de cachet, Will Smith qui s’enjaille, etc, etc, etc… Le gros évènement cainri.

Jusqu’au dimanche ?

Tout festivalier vous le dira. Descendre à Cannes, c’est aussi l’occasion d’expérimenter des « first world problems » qu’on n’avait pas imaginés.

Comme ce moment très surprenant où on ne supporte plus le champagne. Ou cet autre où on se met à refuser des déjeuners gratuits. Mais bon, par altruisme, on tient quand même le coup.

Le Festival est sensé se terminer le dimanche, en fin d’après-midi.

Mais surprise ! Smoking de compétition ajusté, souliers plus ou moins vernis, vous arpentez la Croisette le samedi soir, en quête d’un endroit où prendre un selfie avec Ryan Gosling et étancher votre soif… Et en guise de physios, vous ne trouvez que des magasiniers, qui démontent.

Erreur de festivalier débutant !

Effectivement, la cérémonie de clôture n’a lieu que demain, mais ce soir, la fête est ailleurs, elle a pris le yacht, l’übercopter, la Lamborghini de location et elle s’est téléportée quelques dizaines de kilomètres plus loin, à Monaco, parce que comme tous les ans, c’est demain le grand prix de Formule 1.

Un dimanche tout à fait délicieux pour le personnel de l’aéroport Nice Côte d’Azur, avec les deux plus grands événements de l’année le même jour.

Et puis on range le nœud pap, jusqu’à l’année prochaine.

Un grand merci à nos partenaires Nespresso, Villa Schweppes, Magnum, Grey Goose, Tigre Blanc, Orange, et à toutes les personnes croisées après « modération »…

Fred de Juan, correspondant lifestyle et maître du SudVilla Schweppes Cannes 2017

ANja Sugar Villa Schweppes

Villa Schweppes 2017

Cannes 2017 Comment Parler Aux Filles

Cannes 2017 Petit dej

Cannes 2017 Soirée Orange

IAM 2017 VILLA SCHWEPPES CANNES

Nespresso Cannes 2017

2 comments on “Cannes 2017 : Guide Posthume pour Voyageurs Dans le Temps”

  1. Il faut croire que c’est resté calme cette année… ou que notre envoyé spécial ne fut pas invité aux « bonnes » soirées…

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